Ces derniers mois, certaines cyber enquêtes judiciaires ont connu des accélérations spectaculaires après les récents accords signés avec les GAFA, les grands opérateurs américains du Web. De plus en plus d'escrocs et de cyber criminels se retrouvent dans les tribunaux même si cela reste encore embryonnaire.

Par rapport  au nombre abyssal d'infractions, de délits et de crimes commis via Internet, le nombre d'enquêtes judiciaires reste à ce jour encore une goutte d'eau dans un océan d'impunité affirment les spécialistes. Mais les progrès des enquêteurs sont depuis quelques mois assez spectaculaires . Ils débouchent enfin et de plus en plus souvent sur des procès comme le racontent Catherine Chambon, la sous-directrice chargée des cyber enquêtes à la Direction Centrale de la Police Judicaire et Jean Dominique Nollet le patron du pôle cyber chez les gendarmes. Avec d'abord l'exemple d'une équipe de codeurs qui piratait ces dernières années des moyens de paiement (notamment). Ils ont tous été jugés et condamnés  y compris le plus doué d'entre eux qui s'était réfugié en Thaïlande. "Ses complices ont été pour certains condamnés à cinq ans de prison en France et lui qui croyait bénéficier des largesses des Thailandais a pris 22 ans là bas". L'ancien patron du laboratoire cyber d'Europol à la Haye aux Pays Bas et qui dirige aujourd'hui le C3N à Pontoise près de Paris  confie pour sa part que le nombre de pirates du web a fortement augmenté dans les prétoires y compris pour la première fois (de l'année 2019) la semaine dernière à Paris  en comparution immédiate. "Un prévenu qui a tenté de s'en prendre à des serveurs de la...gendarmerie !

Des réquisitions policières françaises  auprès des GAFA qui aboutissent  désormais parfois en quelques minutes  

Mais là où les enquêtes ont connu ces derniers mois des accélérations spectaculaires, c'est par le biais de ceux que l'on appelle les GAFA, les grands opérateurs américains (Facebook, You Tube Twitter et autre Google). C'est en partie le résultat des négociations débutées après les attentats en France en 2015. Pour Catherine Chambon, c'est une révolution de voir des réquisitions de ses services obtenir une réponse parfois en "quelques minutes" pour les cas les plus urgents quand la vie humaine est menacée (risque terroriste, enlèvements, menace de suicide). Avant, selon la patronne des cyber agents de la police judiciaire en France, il fallait attendre "plusieurs semaines, ou attendre et n'avoir jamais de réponse". 

Pas encore vraiment la fin de l'impunité pour certains cyber criminels  

Malgré des enquêtes qui vont donc bien plus vite avec des infiltrations sur les réseaux cachés, les forums de vente de produits interdits et dangereux, l'utilisation massive de pseudo par des policiers ou des gendarmes ainsi qu'une  meilleure coopération entre certains pays, on en serait  encore qu'au début d'une vraie traque pour limiter l'impunité actuelle  des cybercriminels. Notamment ceux qui demandent des rançons pour restituer certaines données volées. Ceux là ne se font jamais prendre à quelques exceptions près.  Les relatifs mais très nets progrès des cyber enquêtes judiciaires, il en sera beaucoup question lors du prochain Forum sur la Cyber sécurité à Lille Mardi prochain. 

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