La police scientifique à l'oeuvre devant le Bataclan
La police scientifique à l'oeuvre devant le Bataclan © MaxPPP

France Inter a eu accès au dossier des attentats du 13 novembre. Une enquête d'une ampleur inédite ... mais que serait le travail de fourmi de la police sans parfois aussi quelques coups de chance ?

14 novembre, 4 heures du matin : les policiers ratissent le Bataclan, fouillent les corps pour trouver des papiers d'identité, relèvent des indices dans cette scène de guerre. Vers 10 heures et demie ce samedi, en attentant le convoi funéraire, un gardien de la paix fait les cents pas boulevard Voltaire. Quand il aperçoit, dans une poubelle, un téléphone portable. Celui qui, la veille, a envoyé le SMS "on est parti, on commence" ... maillon essentiel de l'enquête. Le travail de fourmi, ce sont des investigations téléphoniques, des recherches d'empreintes, d'ADN.

C'est frapper à chaque boutique sur le parcours des terroristes pour demander la vidéosurveillance souvent de mauvaise qualité on est loin de ce que l'on voit dans les séries américaines. Enfin il y a les enquêtes de voisinnage et les appels à témoins... en particulier sur Salah Abdeslam le 10ème homme du commando.

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Fausses pistes en pagaille

Et les témoignages affluent de toute part. Salah Abdeslam est repéré à Toulouse, en gare de Forbach, dans un MacDo de Lyon, un bar de Soissons ou faisant du stop en Corse. Il y a des témoignages un brin paranoïaques ou carrément mal intentionnés comme cette femme de Mantes-la-Jolie qui signale le comportement suspect de son gendre.

Une esthéticienne se souvient d'un client venu pour une épilation intégrale d'un client qui avait des cicatrices sur le dos . "Des impacts de balle" selon elle ... d'autant plus méfiante que le client est parti sans payer ou encore cette passante à Saint-Denis qui a vu un couple nord-africain s'embrasser langoureusement peu avant les attentats... Puisque, selon elle, "ce genre d'effussion n'est pas habituel pour les gens de cette communauté", il s'agissait forcément d'une scène d'adieu à l'un des terroristes. Bref, beaucoup de temps passé à vérifier: résultats zéro.

Travail d'enquête

Heureusement, il y a aussi des éléments de police technique et scientifique, plus solides. Mais il faut encore un travail d'enquête pour faire le tri car il peut y avoir de vraies coincidences.

Quand des membres de la famille d'un des kamikazes, Omar Mostefai sont placés en garde à vue... les policiers ne manquent pas de relever, qu'ils étaient à moins de 2 km du Bataclan mais l'explication est simple, et vérifiée, ils étaient au spectacle de Dieudonné.Parfois, ce sont les enquêteurs, eux-mêmes, qui cherchent des explications là où il n'y en a pas toujours. Toutes les femmes de la famille Mostefaï se voient ainsi demander pourquoi elles sont habillées de couleur sombre ce jour-là : seraient-elles en train de porter le deuil du kamikaze et approuveraient-elles donc les attentats ? C'est finalement un des frères du terroriste qui explique aux enquêteurs : dans la religion musulmane, le deuil se fait en blanc. Le noir, c'est pour cacher les formes. Pas de coincidence en revanche quand on voit les liens d'Omar Mostefai avec des vétérans de la mouvance djihadiste à Chartres ou quand on s'aperçoit que le Bataclan figurait déjà dans un dossier de projet terroriste dans lequel on retrouve des proches de Fabien Clain. Fabien Clain : auteur de la vidéo de revendication des attentats du 13 novembre. Bref, depuis vingt ans, la même galaxie djihadiste perdure et se renouvelle.

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