Par Jean-Philippe Deniau

Retour ce matin sur le procès des viols collectifs dans une cité de Fontenay-sous-Bois. Le verdict, rendu la semaine dernière a acquitté 10 des 14 accusés, ce qui a suscité pas mal commentaires, de journalistes, d'associations, de responsables politiques et même de ministres qui n'ont pas assisté aux débats puisqu’il s’agissait d’un procès à huis clos. Ne faudrait-il pas que ces procès soient publics ?

Si, tout simplement parce que le procès est public en France, par principe, sauf quand des mineurs sont jugés. Dans ce cas, s’ils sont devenus majeurs, ils peuvent demander la publicité des débats s'ils le souhaitent. Mais sinon, leur procès se déroulera à huis clos. C'est donc ce qui s'est passé à Créteil, les accusés avaient tous 25 ans et plus, mais le principe du huis clos s'est imposé. D'où, le soir du verdict, cette marée de commentaires, en tout genre, née d'une indignation compréhensible quand on ne connait de ce dossier que les éléments factuels : d'un côté deux jeunes femmes brisées, victimes de viols collectifs horribles et répétés, et de l'autre, dix jeunes hommes poursuivis en tant qu'auteurs présumés de ces viols. Mais peut-être, et aucun observateur neutre ne pourra jamais le dire, peut-être que le verdict prononcé est finalement en totale cohérence avec les enseignements des trois semaines et demi de débats devant cette cour d'assises des mineurs. C'est la question que se pose l'avocat Francis Szpiner, il avait tenté de faire changer la loi en vain il y a deux ans.

Depuis le verdict de vendredi dernier le parquet général et les condamnés ont fait appel. Il y aura donc un second procès ?

Oui, avec le risque d'aboutir à un second verdict du même ordre ou, du moins, un verdict qui suscitera les mêmes incompréhensions. Arrêtons là les commentaires, et si vous ne deviez retenir qu'un seul avis éclairé sur la question, lisez ou relisez la tribune de Maitre Laure Heinich-Luijer, l'une des avocates des deux jeunes femmes, publiée hier dans Libération et repris sur le site de Rue 89. Elle pose clairement tous les problèmes de cette justice quand elle est rendue en secret.

Les liens

Rue 89: Tournantes de Fontenay : "Grosse vache, tu crois que je t’ai violée ?"

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