Lundi prochain s'ouvre devant la cour d'assises à Nanterre le procès de Sofiane Rasmouk. Il est accusé d'avoir violé une jeune femme et d'en avoir violemment agressé une autre au cours de la même soirée. Une affaire qui avait mis en difficulté la garde des Sceaux Christiane Taubira l'an dernier sur France 2 .

Christiane Taubira dans "Des paroles et des actes", sur France 2 le 5 septembre 2013.
Christiane Taubira dans "Des paroles et des actes", sur France 2 le 5 septembre 2013. © Radio France

Le parcours de Sofiane Rasmouk est particulier. Vingt condamnations sur son casier judiciaire (pour vol, trafic de stup et agression sexuelle) mais malgré tout, en 2013, il bénéficie d'une mesure de semi-liberté. Libre le jour, détenu à la Santé à Paris la nuit. Le 7 août, il ne rentrera en cellule que vers minuit, les vêtements et les mains tachées de sang, sans que cela éveille l'attention. Pourtant, Rasmouk a déjà cumulé les incidents depuis le début de sa semi-liberté, des retards répétés, des absences inexpliquées sur son lieu de travail et une très forte alcoolisation. Il y a donc visiblement eu un manque de suivi de la mesure.

Et c'est cette réalité qui va être exposée à Christiane Taubira en direct à la télévision un mois après le drame.

Le 5 septembre 2013, la Garde des Sceaux est sur le plateau de Des Paroles et des Actes sur France 2, elle y était venue pour défendre son projet de contrainte pénale, une peine alternative à la prison. Quand soudain, David Pujadas l'invite à écouter le témoignage de Priscilla, la mère d'une des victimes de Rasmouk :

Le témoignage est terrible pour la Ministre invitée à y réagir, elle en perd ses mots et affiche même un malaise qui ne lui est pas habituel.

Et voilà le dialogue impossible entre une mère qui attendait des réponses directes à des questions évidentes et une ministre qui ne peut évidemment pas régler un crime sur un plateau de télé.

Sofiane Rasmouk est jugé la semaine prochaine à Nanterre et ce sont des magistrats et des jurés qui détermineront sa culpabilité. Quant à la responsabilité éventuelle des services de l'Etat qui n'auraient peut-être pas dû le placer en semi-liberté, c'est le tribunal de Lyon qui l'examinera dans quelques mois à la suite d'une plainte des victimes de cette double agression sauvage.

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