Par Franck Cognard

C'est donc l'histoire d'un vigneron d'Anjou qui se bat contre l'Institut National des Appellations Contrôlées, qui décerne les A.O.C. Une histoire qui connaitra un épilogue à l'automne prochain.

Ce sera le 2 octobre, le lendemain des 53 ans d'Olivier Cousin, qui fêtera presque son anniversaire devant le tribunal d’Angers. Il possède quand même deux armes indispensables dans ce dossier :

1) il fait des vins rouges d'exception

2) il a une « grande gueule ».

Son souci, c'est qu'après avoir produit des A.O.C « classiques », il a tourné le dos à ces normes viticoles désormais quasiment industrielles. Lui fait des vins « natures ». Il travaille la vigne sans pesticide et à cheval, il n'ajoute ni soufre, ni sucre, ni rien d'autre dans ses bouteilles. Et parce qu'il rejette le système corseté des AOC, Olivier Cousin n'a pas le droit de mettre le mot « Anjou » sur ses étiquettes. Il le fait quand même. D’où sa comparution devant le tribunal, où il sera épaulé par son avocat, Eric Morain.

Olivier Cousin est un vigneron qui vend son vin sur les plus grades tables du monde et qui a décidé de ne pas rentrer dans ce jeu de la réglementation à l’excès, c’est-à-dire en indiquant le minimum pour les consommateurs : d’où vient son vin, ce qui est quand même la moindre des choses. Et bien même le mot « Anjou », sans utiliser l’acronyme A.O.C, même ce mot « Anjou » qui va donner une information au consommateur, il n’a pas le droit de le mettre. Il est obligé de mettre « vin de France », « vin de table », donc avec une information qui n’existe pas pour le consommateur. On marche sur la tête !

Les détracteurs d'Olivier Cousin invoquent les règlementations et le droit. Lui dégaine son droit d'être paysan et un peu provoc aussi, puisque sur des étiquettes, il a un temps fait figurer A.O.C comme… « Anjou Olivier Cousin ».

- Au-delà du cas d'Olivier Cousin, d'autres vignerons sont concernés par ces querelles règlementaires et juridiques. Des vignerons, mais pas seulement...

Savez-vous par exemple qu'il est interdit de faire figurer sur une étiquette « vins natures », ou « vins naturels » ?

On parle là de vins qui ne contiennent aucun des additifs chimiques autorisés dans des vins classiques comme l’ammoniac, le lait, le soufre ou le sulfate de cuivre. Au passage, il est d'ailleurs étonnant qu'à l'époque de la transparence et de la traçabilité, qu'à l'époque où les amateurs de vins cherchent à boire moins, mais mieux, aucune étiquette ne mentionne ces additifs.

Pour en revenir aux vins naturels, autre exemple d'une situation absurde, toujours avec maître Morain.

J’ai le cas d’un caviste dans le sud de la France qui est poursuivi par le Parquet et par la GCCRS parce que sur sa devanture de caviste, sur son enseigne commerciale, il a écrit qu’il vendait du vin naturel. Nous sommes dans une absurdité telle que les vins d’Olivier Cousin sont principalement vendus en Asie, parce qu’au Japon, il y a la population japonaise qui est très sensible et hyper allergique au soufre, Ses vins sont sans soufre ajouté. Vous avez le droit d’acheter un yaourt nature, mais vous n’avez pas le droit d’acheter un vin nature, ce qui est quand même aberrant !

Pour voir comment la justice se débrouille de l'absurde dans la viticulture, ce sera le 2 octobre prochain devant le tribunal d’Angers. Mais d’ici là…

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