Ils sont policiers et gendarmes, mais avant tout musiciens. En cette Fête de la Musique, Dans le Prétoire, vous emmène au concert, au milieu d'instruments d'ordonnance, qui servaient à l'origine à donner des ordres.

La batterie-fanfare de la Musique des Gardiens de la paix, orchestre de police quasi centenaire.
La batterie-fanfare de la Musique des Gardiens de la paix, orchestre de police quasi centenaire. © Radio France / Sophie Parmentier

"Je suis à mon avis d'abord musicien, mais c'est quand même une vocation de rejoindre cet orchestre de prestige", confie le tambour-major Laurent Douvre, jeune chef d'orchestre de la batterie-fanfare de la Musique des gardiens de la paix. Sous sa baguette, une trentaine de musiciens-policiers, tous en uniformes, vestes blanches, fourragères rouges accrochées aux galons. Et sur leurs galons de police, sont brodées, des lyres, ce petit instrument à cordes pincées qui date de la Grèce antique. Mais, dans cet orchestre-là, pas d’instrument à cordes. Seulement des instruments d’ordonnance. C'est-à-dire des instruments qui, à l'origine, servaient à donner des ordres : le clairon, le tambour, le cor de chasse, ou la trompette de cavalerie, sans piston.

"Nous avons plusieurs missions. Des missions de protocole, par exemple l'installation du nouveau préfet de police de Paris, ou l'arrivée de nouvelles promotions de gardiens de la paix. Nous jouons aussi malheureusement lors de décès de policiers, et nous sommes alors en deuil", explique le tambour-major Laurent Douvre. "Nous faisons aussi beaucoup de prévention auprès des jeunes. Le but, c'est d'adoucir l'image du policier". 

Le policier n'est pas que répressif et du coup, il est important pour nous de véhiculer des messages de douceur", dit le tambour-major Laurent Douvre

Laurent Douvre est une jeune policier-musicien qui a déjà fait une première carrière de gendarme-musicien au sein de la Garde Républicaine. Quand il était petit, il avait dans sa chambre d'enfant, un poster de la Garde Républicaine. "C'était mon graal", dit-il.

Chaque lundi, il se rend dans les écoles, pour jouer de la musique citoyenne. Par exemple pour une cérémonie de remise de permis-piéton. Mais aussi et surtout pour "emmener les jeunes vers d'autres visions de la police. On utilise vraiment la musique comme outil essentiel à des règles, c'est-à-dire que le musicien répond à des règles, avec une partition, un chef, il y a une hiérarchie. C'est ce qu'on essaye de montrer de la même façon aux jeunes. Il y des lois, des règlements dans leurs écoles, mais également dans le pays, il faut respecter les autres, les chefs, ect."

Cette année, cela fera cent ans que cet orchestre de la Musique des Gardiens de la paix est né officieusement, avec des policiers du siècle dernier, qui ont commencé à faire des boeufs, à la fin de leurs enquêtes et filatures. Jusqu’à ce que le préfet de police de Paris ne décide de créer officiellement, par arrêté, deux orchestres : cette batterie-fanfare, et un orchestre d’harmonie. Il y a encore deux autres orchestres du même type, dans la Police Nationale, qui peuvent jouer dans tous les commissariats de France, et même à l’étranger. Ces deux autres orchestres, avec une centaine de musiciens, sont placés sous l'autorité du directeur général de la police nationale. Ils sont en fait une des formations des CRS. Les gendarmes mélomanes de la Garde républicaine, eux, jouent surtout dans la Cour de l’Elysée. En cette fête de la Musique, comme chaque jour ou presque, concert, pour tous ces gendarmes et policiers avant tout musiciens. 

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