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sous-marin © nbfrenette

Ca concerne des navires made in France vendus par l'ancienne direction des constructions navales, la DCN. Ce n’est pas l'affaire Karachi. Non, c’est une autre enquête qui prospère au pôle financier du palais de justice de Paris et dont l'origine se trouve cette fois en Malaisie.

L'affaire éclate à Kuala Lumpur en 2006, une très belle jeune femme est assassinée, son corps détruit à l'explosif, mais l'enlèvement d'Altantuya, originaire de Mongolie, a eu des témoins. La jeune femme était même surveillée par un détective privé qui décide de parler. Ses kidnappeurs sont retrouvés ce sont deux policiers sans doute chargés de la faire taire. Altantuya avait participé aux négociations pour l'achat de deux sous-marins scorpènes et d'un Agosta d'occasion en 2002 à DCN et Thalès. Officiellement l’interprète Altantuya était la maitresse d'un intermédiaire proche du ministre de la défense Najib Razak. Elle serait revenue pour son malheur réclamer sa part des commissions. Les deux policiers assassins sont condamnés à mort, l'intermédiaire échappe aux poursuites, le ministre de la défense devient premier ministre, la Malaisie continue d'acheter des navires à DCN. Seul grain de sable, une coalition d'ONG malaisiennes décide de se tourner vers la justice française. Une enquête préliminaire est ouverte il y a deux ans. Enfin deux juges d'instruction sont nommés fin mars, ils découvrent qu'en marge du contrat près de 180 millions d'euros ont été versés à des consultants : trois sociétés où l'on retrouve toujours le fameux intermédiaire explique William Bourdon

- La justice veut donc retrouver les personnes qui ont pu verser ou bénéficier de ces commissions en Malaisie comme en France?

Depuis l'an 2000 et conformément à une convention internationale la France réprime la corruption de fonctionnaires étrangers, c'est donc valable pour ce contrat avec la Malaisie. Ce n'est pas le cas dans l'affaire Karachi où les commissions étaient encore légales.

Mais la justice devra le prouver. C'est la thèse des plaignants que les consultants n'ont pas fourni de réel service, qu'il s'agissait bien d'un pot de vin. Un ancien directeur financier de DCN a témoigné dans ce sens : le même Gérard-Philippe Ménayas qui est à l'origine de beaucoup de révélations dans le dossier Karachi.

Ensuite se pose la question d'éventuelles rétro-commissions. Une partie de l'argent est-elle revenue en France en cette période de cohabitions ? On n'en est pas là. Mais le fait qu'une partie des possibles commissions ait été versée rapidement juste avant les élections intrigue les enquêteurs.

Une chronique de Sara Ghibaudo

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