Qu'on s'appelle Picasso, Coluche ou qu'on soit complètement inconnu, c'est l'occasion de régler des comptes...  

La bataille pour l'héritage peut passer par une recherche en paternité. On se souvient du corps d'Yves Montand, exhumé en 1997 sept ans après sa mort, pour un prélèvement ADN qui mit fin aux revendications de la jeune femme qui pensait être sa fille.

En 1974, les trois enfants adultérins de Picasso n'eurent pas de mal à faire valoir leur droit à l'héritage, mais ils ne touchaient alors que la moitié de la part d'un enfant du mariage, ce qui valut à la France d'être condamnée par la cour européenne des droits de l'homme, aujourd'hui chaque enfant a les mêmes droits.

Charles Trenet, lui, n'avait pas de descendants directs, et a choisi de léguer ses biens à son secrétaire particulier de vingt ans. Héritage qui a été contesté, en vain finalement, par la demi-soeur de l'artiste, une cousine, un neveu et un faux fils adultérin débarqué du Canada.

Les héritiers identifiés, il faut faire l'inventaire de la succession, qui révèle parfois des surprises : un compte en Suisse, à régulariser d'urgence, comme dans le cas de Lino Ventura.

Parfois l'argent s'est envolé, caché dans des trusts à l'étranger dans le cas de la famille Wildenstein : l'affaire est rejugée en appel à partir de la semaine prochaine.

L'évasion successorale a des précédents

Ainsi Maurice Jarre mort en 2009 aux Etats-Unis avait légué tous ses biens à son épouse rien à ses enfants. Ils ont perdu en justice en septembre dernier. La cour de cassation a reconnu que la loi californienne s'appliquait.

Autre cas de figure, aussi courant dans les familles célèbres que dans les EPAHD. La personne âgée qui a dilapidé une partie de ses biens en multipliant les cadeaux.

Les héritiers peuvent saisir la justice pour abus de faiblesse avant même la mort de leur proche. L'exemple le plus célèbre reste l'affaire Bettencourt, où l'on voit que enjeu se situe bien au-delà de l'argent. Il est avant tout question des relations familiales et d'une bataille affective.

C'est ce qu'illustre la lettre posthume de Laura Smet à son père Johnny Hallyday, qu'elle a rendue publique.

Après une guerre judiciaire de six ans, la justice a définitivement reconnu que le photographe François-Marie Banier avait profité des sentiments d'hostilité de l'héritière de l'Oréal envers sa fille la relation mère-fille.

Ce qui est en jeu c'est aussi l'entreprise familiale. Quand elle est devenue aussi importante que l'Oréal ou le groupe Dassault les enjeux de la succession sont évidemment autant économiques que sentimentaux. Serge Dassault n'a quand même pas épargné ses fils dans certaines interviews où il leur déniait toute capacité à diriger l'empire familial.

Quant à l'héritage d'Omar Bongo, l'ancien président du Gabon, qui fait aussi l'objet d'une bataille judiciaire en France, il mêle intérêts politiques et enjeux financiers.

Dans le cas d'un artiste les héritiers revendiquent souvent un droit moral sur son œuvre. C'est le cas des premiers enfants de Johnny. Ce fut aussi l'enjeu de la bataille entre le dessinateur Uderzo et sa fille, qui disait vouloir protéger Astérix, son frère de papier, après avoir longtemps travaillé avec son père.

La justice est donc appelée à rétablir la paix et l'équité dans les familles. Dans le cas de Johnny cela peut prendre quelques années.

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