libération sous condition d'expulsion pour l'activiste libanais georges ibrahim abdallah
libération sous condition d'expulsion pour l'activiste libanais georges ibrahim abdallah © reuters

Georges Ibrahim Abdallah est l’un des plus vieux prisonniers politiques d'Europe détenu en France, depuis le 24 octobre 1984 précisément. Il est condamné à perpétuité pour complicité dans les assassinats de deux diplomates américain et israélien.

Et il attend depuis sa cellule à Lannemezan, dans les Hautes Pyrénées, la décision prochaine sur sa neuvième demande de remise en liberté conditionnelle.

C'est Jean-Louis Chalanset qui a repris le dossier à la mort de maître Jacques Vergès, l'avocat historique de l'ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises :

Une histoire qui mêle terrorisme, diplomatie et services secrets des pays concernés : France, Liban, Etats-Unis et Israël.

Le tribunal d'application des peines avait donné son feu vert à sa libération conditionnelle il y a 2 ans, mais elle était suspendue à un arrêté d'expulsion préalable vers le Liban du ministre de l'Intérieur de l'époque Manuel Valls, que ce dernier n'a jamais signé. Le parquet général était allé ensuite jusqu'à introduire un pourvoi en cassation, qui a confirmé la nécessité d'un arrêté du ministère de l'Intérieur préalable à toute décision judiciaire.

Jean-Louis Chalanset :

Après l’arrêté de la Cour de Cassation, l'affaire est revenue devant le tribunal d'application des peines à Paris, devant un juge spécialiste des affaires de terrorisme. Le cas de Georges Ibrahim Abdallah a été examiné le 30 septembre dernier et la décision sera rendue le 5 novembre prochain.

Cet arrêt de la cour de cassation fait d'ailleurs désormais jurisprudence, y compris pour des affaires qui n'ont rien à voir avec le terrorisme.

Virginie Bianchi est une ancienne responsable de l'administration pénitentiaire aujourd'hui avocate, spécialiste des questions d'aménagement des peines :

On a donc l’impression qu’il n’y aucune avancée dans ce dossier si complexe. Même si les défenseurs de Georges Ibrahim Abdallah ont ressorti lors de l'audience du 30 septembre dernier un article du code pénal contradictoire à celui invoqué par le parquet.

Une faille, selon eux, dans le droit français, qui permettrait de le libérer sans la nécessité d'un arrêté d'expulsion du ministère de l'Intérieur. Ils ont déposé un engagement officiel du pouvoir libanais actuel de prendre en charge Georges Ibrahim Abdallah afin de garantir son retour à Beyrouth.

> Pour aller plus loin, réécoutez Rendez-vous avec X de Patrick Pesnot du 15 septembre et du 22 septembre 2012

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.