C’est la question prioritaire de constitutionnalité qu’une des avocates des FEMEN a déposé hier devant la cour d’appel de Paris.

Nous sommes le 5 juin 2014, l'ukrainienne Iana Zhdanova s'empare d'un faux pieu et assassine la statue de Vladimir Poutine au musée Grévin. Elle est seins nus, avec l'inscription "KILL PUTIN" sur le torse, il y a là quelques touristes et quelques photographes qui ont été conviés pour immortaliser la scène qui bien entendu fera le tour du monde. Le message est passé. C'était un acte politique, revendique Iana Zhdanova"

Je me suis juste servie de ce musée pour exprimer mes opinions, c'était une démonstration artistique, c'est mon corps et je fais ce que je veux avec mon corps, je n'ai perturbé personne. Ma protestation a été très courte, et personne ne l'a vue très longtemps à part les photographes. Je n'ai rien fait d'indécent pour cet endroit. Bien entendu, je recommencerai. Peut-être que ce ne sera pas vraiment moi, peut-être que ce ne sera pas une FEMEN, Mais ce sera une femme et elle sera torse nu, c'est sûr.

Iana Zhadanova et son avocate
Iana Zhadanova et son avocate © Jean-Philippe Deniau

L’avocate de Iana Zhdanova va donc plus loin en essayant de contester le caractère "sexuel" de cette exhibition. Lors du premier procès, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné sa cliente à 1 500 euros d'amende en considérant que le fait de rendre "volontairement visible à autrui une poitrine dénudée dans un lieu public, même en l'absence de geste ou d'attitude déplacés" relevait du délit d'exhibition sexuelle. Mais pour Maître Marie Dosé, le torse d'une femme ne peut pas être considéré comme un organe sexuel. D'autant qu'un homme dans la même tenue ne serait évidemment pas poursuivi en justice.

C'est une rupture d'égalité des hommes et des femmes face à la loi. Ca légitimerait une bonne partie du combat des FEMEN, et le fait que le torse d'une femme peut être considéré exclusivement comme une arme politique, militante. Pour Iana, c'est la façon à elle d'exprimer par son corps ce qu'elle croit juste

Le débat est passionnant, la réponse qui sera faite à cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pourra même avoir des conséquences très larges, tant pour les FEMEN que pour vos voisines de plage l'été prochain. La cour d'appel en débattra une première fois à l'audience du 27 octobre 2016.

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