enquête après l’usurpation d’identité d’un élu local sur twitter
enquête après l’usurpation d’identité d’un élu local sur twitter © reuters

Sur les réseaux sociaux, on trouve quelques perles issus des procès verbaux. Quand les avocats, magistrats, les policiers ou les greffiers échangent sur Twitter, cela donne parfois le plus drôle de la justice : l'occasion aussi d'entrer un peu par effraction dans leur quotidien. Suivez le guide des hashtags et autres mots-clefs.

Le premier qu'on vous conseille, c'est : tout le charme des procès-verbaux, les propos retranscrits dans les procédures judiciaires.

Dedans, on trouve de quoi se moquer gentiment des suspects : « J'avais un cran d'arrêt sur moi parce que j'aime faire la cuisine » -un classique- ou « je suis entré dans ce véhicule pour fermer les fenêtres ». Et cela continue avec « j'ai traité la police de gros baltringues, mais c'était amical dans mon esprit ».

Mais le meilleur, dans les procès-verbaux, c'est la plume du policier : quand il rapporte un échange avec un témoin pas très coopératif. « Lui assurons que nous avons bien l'âge requis pour faire notre travail et que ce travail ne consiste en rien à ennuyer les gens ».

Il y a le policier observateur : « Mentionnons que l'intéressé porte un appareil dentaire, ce qui est caractéristique des adolescents de son âge ». Et le policier en langage codé : « revêtus de nos tenues bourgeoises, toquons à l'huis », ce qui signifie : « Nous sommes en civil et frappons à la porte ».

Les forces de l'ordre peuvent produire des PV particulièrement stylés, comme ce récit d'une opération dans une cité dite sensible qui a bien tourné sur Twitter au début de l'année : « Constatons que notre progression ne semble pas susciter un enthousiasme fragrant de la part de plusieurs jeunes autochtones qui s'empressent, au vu de la fraicheur de l'air, de rabattre sur leurs visages capuches et écharpes. Plusieurs d'entre eux parmi les plus téméraires nous invectivent de loin en évoquant d'éventuelles pratiques sexuelles avec des membres de notre famille ».

Après le procès-verbal, le tribunal correctionnel

Avec le hastag #lexiquedecorrectionnelle, avocats et magistrats s'amusent avec les phrases types des audiences de comparutions immédiates. Quand un avocat souligne « Mon client a le mérite de la franchise », en fait il pense « ce con reconnaît qu'il continue à fumer du cannabis ou à conduire sans permis ».

Quand le président propose à l'avocat : « Voulez-vous une suspension de l'audience? », c'est qu'il est temps d'expliquer au client qu'il faut changer de stratégie. Mais si le président décrète « Le Tribunal va faire une courte pause », c'est juste une pause pipi.

Le langage des prévenus est décrypté. Quand le client dit : « Je ne me souviens pas de cette conversation », cela signifie « j'ai vraiment été un blaireau de dire ça au téléphone ».

Celui qui déclare : « Je roule dans une Audi A4 louée à la société de mon cousin » sous-entend qu'il fait bien partie du trafic du stup’, mais qu'il sera difficile de saisir sa voiture.

Devant le prévenu qui se résigne : « Bon, je vais vous dire la vérité », il faut comprendre « je vais changer de baratin, celui-là est pourri ».

Si vous cherchez plus de justice sur le réseau de l'oiseau bleu, essayez aussi le hastag #LTGAV « live tweet garde à vue ».

On suit les avocats appelés à toute heure pour une audition dans un commissariat, et qu'on fait poireauter une fois sur place.

Le monde judiciaire tweete, mais avec prudence : en septembre dernier, un vice-procureur a écopé d'une mutation d'office pour s'être lâché sur le réseau social, il y a deux ans, en pleine audience de la cour d'assises des Landes.

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