Image extraite de la vidéo exclusive de France 2 de Mohamed Merah au volant d’une voiture pendant un rodéo
Image extraite de la vidéo exclusive de France 2 de Mohamed Merah au volant d’une voiture pendant un rodéo © MaxPPP

Abdelkader Merah devrait être jugé d'ici la fin de l'année prochaine pour "complicité" dans les attentats de son frère. A côté d'un autre homme, accusé d'avoir fourni des armes. Le parquet de Paris a demandé le 19 février leur renvoi devant une cour d'assises spéciale.

Pas un loup solitaire

Pour la justice, Mohamed Merah n'était pas un "loup solitaire". Il baigne depuis longtemps dans le milieu salafiste toulousain, véritable incubateur de djihadistes. Au milieu des années 2000, ils partaient se battre en Irak. Deux ou trois ans après avoir enterré Merah certains de ses proches ont réussi à rejoindre la Syrie. Comme les frères Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris.Mohamed Merah a cherché des contacts avec des jihadistes au cours de ses voyages. Il a fini par rejoindre, brièvement, des combattants affiliés à Al Qaida au Pakistan en septembre 2011. A son retour, après avoir réussi à endormir la méfiance des services de renseignement, il ne mettra que six mois à préparer ses crimes. La justice est convaincue qu'il n'a pas pu le faire seul.

Complice par instigation

Si Abdelkader n'a pas participé aux attentats des 11, 15 et 19 mars 2012, il est pour l'accusation un complice par instigation. Il aurait soutenu voire même guidé son frère, qu'il retrouve deux fois le soir même après les assassinats des militaires, ou la nuit avant la tuerie de l'école Ozar Hatorah.Les frères Merah passent pour se fâcher souvent. Ils ont été très proches pendant les six derniers mois. C'est avec Abdelkader que Mohamed prépare son bref mariage religieux. Cest par l'intermédiaire de son frère qu'il aurait trouvé son fournisseur d'armes. Et si Abdelkader prétend avoir rompu avec la délinquance, comment expliquer qu'il soit là lors du vol du scooter, qui n'a semble-t-il rien d'improvisé ? Les enquêteurs soupçonnaient aussi Abdelkader d'avoir participé au guet-apens pour attirer la première victime, le soldat qui vendait sa moto, mais les investigations n'ont pas permis de le confirmer.Abdelkader Merah estime lui être un bouc émissaire, comme s'il fallait forcément trouver un accusé, malgré la mort du tueur.

De Jack Daniels à Ben Laden

Abdelkader Merah est moins impulsif que son frère, plus intéressé par les textes religieux qu'il est allé étudier en Egypte chez les frères musulmans. Un peu comme Said Kouachi, qui lui a accompagné son petit frère Chérif à Charlie Hebdo, mais l'a laissé exécuter les victimes.Abdelkader Merah a d'abord été, tout comme son frère, un adolescent violent, y compris à l'encontre de ses frères et soeurs. A 21 ans, il est condamné parce que son pitbull a mordu Mohamed, puis il écope de quatre mois fermes pour avoir poignardé son frère Abdelghani. Mais à 24 ans, Abdelkader veut se ranger, dans l'islam. Il abandonne la drogue et l'alcool. Dans le quartier des Izards à Toulouse, lui qui était parfois surnommé "Jack", pour Jack Daniels (le whisky), se fait appeler Ben Laden. De ses convictions radicales il ne renie rien aujourd'hui. En détention quand il sort de l'isolement, c'est pour y retourner au bout de quelques semaines car il s'est fait remarquer pour son prosélytisme. Il explique à un psychologue que la loi islamiste est au-dessus de la constitution française, et déclare devant un juge que son frère a été tué par l'ennemi, c'est à dire la France.

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