La télévision s'installe dans le prétoire ce matin ! Le Tribunal Correctionnel de Paris a épluché le mois dernier le sketch des inconnus "Tournez Ménages" car 23 ans après sa diffusion sur Antenne 2, une femme qui donne la réplique à Didier Bourdon, Pascal Legitimus et Bernard Campan a tenté de récupérer en justice des indemnités dont elle estime avoir été flouée à l'époque.

Sur le manège des "Inconnus", ce 19 mars 1990, devant des millions de telespectateurs, il y avait la présentatrice Fabienne Egal - parodiée par Michèle Laroque - les candidats - Jean-Pierre joué par Didier Bourdon et Pascal Legitimus, alias Mohamed. Enfin, il y avait les candidates Nathalie (incarnée par Bernard Campan) et Ingrid.

Ingrid est dans ce sketch la seule véritable inconnue du grand public. A l'époque, Ingrid, ou plutôt Marianne de vrai prénom, est mannequin. Elle signe un contrat avec Antenne 2 en tant qu'artiste de complément pour une rétribution unique de 7 725 francs. Devant le succès sans cesse renouvelé de ce pourtant vieux sketch, Marianne va demander à la justice 23 ans après de lui reconnaitre un véritable statut de comédienne, comme ses 4 compagnons d'un soir sur le manège. Et elle réclame plus de 30 000 euros de dommages et intérets au titre du préjudice patrimonial, pour toutes les fois où le sketch a été rediffusé et pour tous les DVD vendus depuis par "Les Inconnus". Bien sûr, le producteur de l'époque Paul Lederman et le distributeur Sony ont expliqué au tribunal que Marianne n'apparait à l'écran que pendant 1 minute 14, qu'elle n'a que 18 secondes de textes, et qu'elle n'a été intégrée dans le sketch que pour faire nombre dans un rôle qui aurait très bien pu être joué par une autre. Marianne s'en est défendue, expliquant qu'elle a travaillé les registres de la retenue, de la délicatesse et de la simplicité... que sans elle, le sketch n'aurait pas été possible et que ses répliques, dont certaines peuvent être qualifées de "répliques cultes" ont marqué la carrière des Inconnus.

Finalement, le tribunal n'a pas été tendre avec Ingrid relevant d'abord que le texte de Marianne était court et sans relief. "Elle sert de faire-valoir aux comédiens, ne prononçant, contrairement à ce qu'elle affirme, aucune phrase culte, se contentant de relancer, sans que l'une de ses phrases, l'une de ses mimiques, ou l'un de ses gestes soit particulièrement notable." Le tribunal poursuit : le rôle de Marianne "n'a pas pour vocation de rester dans les mémoires" et l'interprétation qu'elle en fait "est elle aussi monotone et sans relief, ce qui explique que la chaîne de télévision n'ait pas fait appel à une comédienne de métier. Le personnage aurait pu être joué par n'importe quelle autre jeune femme blonde sans que celà modifie le sketch".

Marianne a perdu sa bataille judiciaire. Alors, ce matin, offrons à Ingrid le mot de la fin :

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