Crimes et Châtiments
Crimes et Châtiments © Jacob-Duvernet

Les éditions Jacob-Duvernet sortent "Crimes et Châtiments". Un nouveau « mook » dans les kiosques, entre « mag » et « book ». Le trimestriel se consacre aux faits-divers et à la justice.

Son rédacteur en chef est l'ancien journaliste de France Inter, Franck Hériot. Rencontre avec l’un des contributeurs de "Crimes et Châtiments".

Jean-Philippe Deniau : Dominique Verdeilhan, vous êtes le chroniqueur judiciaire de France 2 depuis plus de 20 ans maintenant. Dans Crimes et châtiments , vous nous racontez les affres du chroniqueur judiciaire. Ce n’est pas tant la difficulté d’écrire les chroniques que celle de vivre au rythme des procès criminels et de trouver le sommeil le soir. Vous dites : « l’audience terminée, je ressasse, je rumine, je refais l’audience. Mes nuits sont hantées par des fantômes ». Lesquels ?

Dominique Verdeilhan : Ce sont les fantômes qui sont devant nous, lorsqu’on est sur les bancs de la presse. On y est entre deux drames : celui de l’homme ou de la femme qui est en face de nous et qui va être jugé(e), et puis celui de ceux qui sont « à nos pieds » si je puis dire, c’est-à-dire les victimes. Je le dis dans ce papier, nous sommes des éponges et à partir de là, il ya une accumulation de drames et ce n’est pas parce que l’on sort de la salle d’audience qu’on ferme le rideau.

Jean-Philippe Deniau : Ce 27 avril 2004, nous sommes en plein procès Dutroux. Ce jour-là, la cour d’Assises d’Arlon va sortir de la salle d’audience et descendre dans une des caves occupées par Marc Dutroux et ses victimes à Marcinelle. Là, vous êtes le seul journaliste français à pouvoir accompagner la Cour et c’est un choc.

Dominique Verdeilhan : Effectivement, on rentre dans cette cache et on se dit « je ne peux pas y rester, moi, plus de 3-4 minutes, alors comment ces gamines ont pu y rester 6 mois ? ».

La difficulté, cela va être de ressortir de cette cache et de se dire « il faut que je sois capable à l’antenne, au début du 20 heures, de dire ce que j’ai vu ».

Extrait du 20 heures du 27 avril 2004

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Jean-Philippe Deniau : Y-a-t-il eu un avant et un après 27 avril 2004 ?__

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Dominique Verdeilhan : Oui, probablement, parce que je dors encore plus mal qu’avant. Le journalisme judiciaire, ce n’est pas un journalisme de guerre, les dangers ne sont pas les mêmes, mais nous entendons cette somme de drames et cette somme de douleurs et quelques fois, cela fait que le sommeil est difficile à trouver.

Jean-Philippe Deniau : Dominique Verdeilhan, chroniqueur de France 2, que l’on retrouve dans Crimes et Châtiments avec d’autres grandes signatures de la presse judiciaire : Franck Hériot, Eric Young, Dominique Rizet, Paul Lefèvre, en librairie et dans les kiosques.

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