Un avocat interné d'office !

La procédure est suffisamment rare pour que "Dans le prétoire" s'y intéresse ce matin. D'autant que l'avocat en question s'appelle Bernard Ripert, du barreau de Grenoble, avocat renommé pour exercer souvent la défense de rupture devant les tribunaux...

Bernard Ripert en 2012 au tribunal de Grenoble. © Maxppp - C. A.
Bernard Ripert en 2012 au tribunal de Grenoble. © Maxppp - C. A. © © Maxppp - C. A.

Oui, et dire que Bernard Ripert a été hospitalisé d'office pour avoir porté un mauvais regard sur un magistrat de la cour d'appel de Grenoble serait certainement un raccourci. N'empêche. C'est ce mauvais regard qui a déclenché une convocation de l'avocat dans le cadre d'une procédure "d'intimidation d'un magistrat en vue d'influencer son comportement", délit passible de 3 ans de prison. Bernard Ripert ne se rend pas à la convocation et du coup, lundi matin, la police vient le cueillir à son domicile, et le place en garde à vue. Des propos véhéments sont échangés, des menaces aussi peut-être. En tout cas, une expertise psychiatrique validée par le Préfet de l'Isère, conclut à l'hospitalisation d'office sous contrainte. 2 jours plus tard, mercredi, il sera libéré.

Bernard Ripert est-il fou ?

Non, même si dans le langage courant, tous les chroniqueurs judiciaires se sont dits sur le ton de la blague qu'il était fou, au sens où il ose tout. C'est un avocat libre, un avocat politique, un avocat de rupture, mais c'est aussi un avocat qui connait parfaitement la procédure et les hommes et les femmes qu'il défend, qu'il s'agisse des anciens membres d'Action Directe ou des petits délinquants de la région grenobloise. Ses invectives lui avaient déjà valu des problèmes, il avait été suspendu il y a 3 ans pour avoir traité une consœur de roquet et un magistrat de menteur. Et là encore, il était poursuivi disciplinairement pour des injures et des comportements déplacés.

Les magistrats de Grenoble ont-ils voulu faire taire Maitre Ripert ?

C'est en tout cas ce que dit son comité de soutien, parce que ça fait longtemps que les relations sont empoisonnées à Grenoble avec ce bruyant avocat. Bruyant, mais pas fou, loin de là, explique Maître Karine Bourdié, au nom de l'association des avocats pénalistes.

Bernard Ripert est donc rentré chez lui ?

Oui, il a retrouvé son éternelle machine à écrire et ses cahiers sur lesquels il prend toutes ses notes, et il a retrouvé son envie d'en découdre avec ceux qui ont voulu le faire passer pour fou, comme il en témoigne au téléphone de Véronique Pueyo.

Interné pour un mauvais regard ? L'enquête le déterminera. En attendant, Bernard Ripert a gagné la mobilisation de nombreux confrères qui se rendront à Grenoble jeudi prochain pour le soutenir à une audience qui déterminera s'il doit être ou non radié du barreau.

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