Il a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 2016, pour l'assassinat de sa femme Sylvie. Mais il affirme qu'il est innocent. François Darcy est rejugé depuis le 26 juin par la cour d'assises d'appel de Nanterre.

François Darcy, à l'ouverture de son procès pour meurtre à Versailles le 15 septembre 2016
François Darcy, à l'ouverture de son procès pour meurtre à Versailles le 15 septembre 2016 © AFP / Benoit Peyrucq

C'est un homme que l'on accuse d'avoir fomenté l'assassinat de sa femme, au cours d'un week-end en amoureux pour fêter leurs 10 ans de mariage, dans la vallée de Chevreuse. C'était en février 2012. Ce dimanche soir, le couple rentre du restaurant. En chemin, pris d'une envie pressante, François Darcy arrête son Audi sur un parking en pleine forêt.

Une heure plus tard, l'homme appelle les secours, en pleurs : on lui a tiré dessus dit-il, et sa voiture est en train de brûler, avec sa femme à l'intérieur. Les pompiers retrouveront le corps carbonisé de Sylvie. L'autopsie ne permettra pas de déterminer la cause du décès. Seule certitude : elle était morte avant l'incendie.

Un mari peu affecté

François Darcy, lui, a une balle dans l'épaule gauche. Il affirme qu'après qu'un inconnu lui ait tiré dessus, il s'est enfui, et caché dans des taillis. Mais l'homme semble détaché, peu affecté par la mort de sa femme. Ses déclarations sur son emploi du temps sont contredites par la vidéo surveillance : François Darcy est rentré chez lui le samedi après-midi, laissant sa femme à l'hôtel. 

Par ailleurs, cet informaticien pratique le tir sportif; il possède des armes, la balle qu'il a dans l'épaule est d'ailleurs du même type de celles qu'il fabrique lui-même. Trois jours avant les faits, il avait déclaré le vol de deux carabines. Enfin, le couple était endetté, Sylvie avait dit à des amies qu'elle pensait au divorce... On note aussi que le mari est bénéficiaire d'une assurance vie, souscrite par sa femme.

La balle aurait dû lui arracher l'omoplate

Les enquêteurs en arrivent à la conclusion qu'il s'est lui même tiré dans le haut du dos, pour faire croire à une agression, avec une balle peu chargée en poudre pour limiter les dégâts. "Ce type de munition de calibre 222 Remington aurait du lui arracher l'omoplate" affirmait mardi à la barre le gendarme qui a dirigé l'enquête. Or François Darcy n'a que des micro fractures. 

Voilà, en résumé, les éléments qui ont forgé l'intime conviction des jurés de première instance. François Darcy a été condamné à 30 ans de réclusion pour l'assassinat de sa femme, et déchu de l'autorité parentale sur les deux enfants du couple, aujourd'hui âgés de 11 et 15 ans. Il y a pourtant une faille, et de taille, dans ce scénario criminel : l'arme.  Les enquêteurs ne l'ont jamais retrouvée, malgré des fouilles intensives menées par des dizaines de gendarmes, avec des chiens, des détecteurs de métaux, des plongeurs dans les étangs... Rien, aucune trace de la carabine.

Les enquêteurs ont-ils négligé d'autres pistes?

François Darcy a-t-il pu enterrer l'arme après s'être tiré dessus, alors que le sol, en cette nuit d'hiver, était dur comme du béton? A-t-il repris sa voiture avec une balle dans l'épaule pour jeter l'arme ailleurs? On ne sait pas. Et pour Lev Forster, l'avocat de François Darcy, les enquêteurs ont négligé les autres hypothèses. 

"Le même soir, un autre véhicule a été retrouvé brûlé à quelques kilomètres de là, sans qu'aucune recherche n'ait été faite. Un témoin a déclaré que depuis deux mois, une voiture sortait tous les matins de ce parking. C'est un endroit isolé, désert. En arrivant là-bas, ils ont pu déranger des gens... Dans l'histoire criminelle récente, vous avez des affaires similaires, comme les fiancés de Fontainebleau, de personnes qui n'ayant aucun rapport avec des criminels, se sont retrouvés, malheureusement, victimes.

La défense va donc plaider l'acquittement pour François Darcy, ce "coupable par défaut", selon son avocat, au bénéfice du doute. Le verdict est attendu mardi 3 juillet. 

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