L'actualité judiciaire de la semaine, c'est évidemment l'affaire Bygmalion, où des soupçons de malversations financières pèsent sur des dirigeants de l'UMP et de la société de conseil en communication qui a donné son nom à cette affaire peu glorieuse, mais que l'on peut aborder de façon un peu plus légère. Et ce grâce à un livre publié aux éditions Vuibert : Parlez-vous keuf ? , écrit par un capitaine de police, Gilles Braun.

Parlez-vous keuf ? : dictionnaire du jargon des policiers et gendarmes
Parlez-vous keuf ? : dictionnaire du jargon des policiers et gendarmes © Radio France

Ce livre va vous donner un autre point de vue sur l'affaire Bygmalion. Ainsi, vous pouvez éprouver des doutes quant à la version de Jean-François Copé, qui affirme n'avoir rien vu ni su des surfacturations et des arrangements frauduleux entre Bygmalion et l'UMP. Et vous pouvez, grâce à ce petit livre, le traduire en keuf, ce qui donne : « Copé pousse la chansonnette, il nous glisse une merguez quand il dit qu'il n'était pas au parfum des factures chanstiquées ».

Autre exemple : plutôt que répéter sur France Inter « les policiers de l'Office anticorruption ont mené plusieurs perquisitions hier, à l'UMP notamment, et ils vont maintenant analyser les documents saisis et les rentrer en procédure », on peut avantageusement formuler la même proposition de la façon suivante : « les péjistes ont mené des quizes, pas des mexicaines, et ils vont maintenant bécaner et se brouter le dossier ». Avouez que cela sonne différemment !

Pour revenir sur l'incroyable confession télévisée de Jérôme Lavrilleux, qui dédouane Copé et Sarkozy des malversations présumées entre l'UMP et Bygmalion, un policier peut très bien se demander si devant les caméras, Lavrilleux n'était pas « un peu bougemouké au point de devoir être dégrammé ».

Evidemment, vous direz de ce policier qui suggère de placer un Jérôme Lavrilleux ivre en cellule de dégrisement, qu'il est un « casque à pointe », donc un esprit étroit. Et vous aurez envie de «l'envoyer bitumer sec », c'est-à-dire de le reléguer à une garde statique devant un bâtiment officiel.

Evidemment, devant tous les soupçons dans cette affaire, mais parce que la police est républicaine, il ne sera pourtant pas question de « beurrer le marmot », c'est-à-dire de corriger physiquement l'un des protagonistes.

On en saurait sans doute plus sur cette affaire si les enquêteurs avaient eu, au préalable, l'autorisation de « faire parler les murs » ; Peut-être même y aurait-il eu de quoi « servietter ». Mais ils n'ont pas pu poser de micros, donc, pas de flagrant délit.

Ce petit livre est une mine de mots et d'expressions toujours employés dans la police et la gendarmerie. Les plus studieux y trouveront même un dictionnaire des acronymes de la police, et il y en a !

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