Les joueurs de Top 14 d'Agen poursuivent leur saison sans entraîneur. Ces dernières années de nombreux clubs ont eu recours à cette pratique longtemps défendue par les syndicats.

On peut être un sport attaché aux traditions, "de droite" disait même l’ancien président de Toulon Mourad Boudjellal, et en pincer pour une expérience à l’ordre du jour en mai 68 puis défendue par la CFDT. L’autogestion, héritage des socialistes français de la fin du 19e siècle. Cela consiste, dans un groupe, à faire prendre les décisions par l’ensemble des membres qui le compose. Autrement dit en finir avec les rapports hiérarchiques du genre : "tu fais 5 tours de terrain sinon t’es pas titulaire dimanche !". L’autogestion à la sauce rugby est généralement mise en place en dernier recours, quand l'ancien entraîneur prend la porte et le nouveau n'est pas encore arrivé. Les joueurs sont alors seuls aux commandes. C’est le cas en ce moment à Agen, club cher au coeur de Francis Cabrel et du regretté philosophe Michel Serres. 7 défaites en 7 matchs depuis le début de la saison et surtout 71 points encaissés le week-end dernier à Bordeaux. Même sans public ça fait mal. Le président du club Jean-François Fonteneau, chef d’entreprise, a donc décidé de renvoyer les entraîneurs et confié la préparation du match de dimanche face à Lyon à ses joueurs, pour une autogestion qualifiée de "cadrée" 

L’autogestion, spécialité du rugby. 

Le rugby, sport dans lequel le collectif est élevé au rang de valeur cardinale, a régulièrement recours à cette pratique. Ainsi ces dernières années dans les clubs de rugby d’Arras, de Colomiers, d’Albi et de Béziers. Jusqu’à l’équipe de France. Après la coupe du monde 2011 perdue en finale face à la Nouvelle Zélande, le demi de mêlée Dimitri Yachvili expliquait : « Le système de jeu, on le faisait. Le contenu des entraînements, on le faisait. Le discours d’avant-match, on le faisait. Le sélectionneur, choisissait son équipe mais nous avions la main sur tout le reste ». Le sélectionneur de l'époque Marc Lièvremont avait ensuite démenti. Il faut dire que beaucoup de légendes circulent au sujet de ces équipes en autogestion. Par exemple le Stade Français champion de France en 2000 soi-disant sans entraîneur. Son président Max Guazzini a révélé des années plus tard que l’équipe se rendait en fait régulièrement en catimini dans un petit stade de l’Essonne pour y retrouver qui ?  Le sélectionneur des bleus Bernard Laporte pour des entraînements secrets !   

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