Le géant de la pétrochimie est l'un des principaux bailleurs de fonds de la Coupe de l'America à la voile. Un nouveau terrain de jeu après le cyclisme, le football et la Formule 1.

Le bateau Ineos le 23 janvier 2021 à Auckland à la Prada Cup
Le bateau Ineos le 23 janvier 2021 à Auckland à la Prada Cup © AFP / Gilles Martin-Raget

Quel est le point commun entre 3 événements sportifs programmés ce week -end  :  la Coupe de l’America à la voile en Nouvelle-Zélande, le Tour de Provence cycliste et le match de Ligue 1 Paris St Germain – Nice ? Un même sponsor : le géant de la pétrochimie britannique Inéos. 17 000 salariés à travers le monde, plus de 2000 en France. Un groupe qui produit de éthylène et du propylène, deux composants utilisés dans la fabrication du plastique. 

La société est récente, crée en 1998 par un homme qui s’est fait tout seul, issu d’une famille modeste de Manchester dans le centre de l’Angleterre. Cet homme s’appelle Jim Ratcliffe. Il a fait fortune en rachetant à bas prix dans les années 2000 des usines pétrochimiques dont les grandes compagnies ne voulaient plus. Pour approvisionner ses usines, il a été le premier à importer en Europe le gaz de schiste issu de la fracturation hydraulique aux Etats Unis.

Il a ensuite utilisé cette technique au Royaume-Uni avant qu’elle ne soit suspendue par le gouvernement par crainte des séismes. Aujourd’hui Jim Ratcliffe a été anobli, sa fortune se compte en milliards d’euros, il vit à Monaco et s’il a longtemps milité pour le Brexit, en fin d’année dernière il n’a pas hésité à investir en France, et non pas dans son pays, pour racheter l’usine Smart d’Hambach en Moselle. Il veut y assembler le 4x4 à essence de sa marque Grenadiers. Le syndicat britannique Unite a dénoncé une "trahison".

Son fondateur, le milliardaire Jim Ratcliffe investi massivement dans le sport 

C’est une véritable frénésie qui a débuté en 2019. Ratcliffe jette son dévolu sur l’équipe britannique cycliste Sky et ses 7 victoires sur le Tour de France. Dès sa première année il mène le colombien Egan Bernal à la victoire. Bernal sera demain l’un des favoris de l’étape du Mont Ventoux sur le Tour de Provence cycliste. Ratcliffe est lui-même cycliste, il grimpe régulièrement les cols des Alpes Maritimes au départ de sa villa de St Jean Cap Ferrat. 

Aussi à l’été 2019, quand le club local, l’OGC Nice, est à vendre il fait un chèque de 100 millions d’euros. 

Aucun club français n’avait jamais coûté aussi cher. Un an et demi après, entre crise covid et des droits tv, l’investissement est loin d'être rentabilisé. Son club Nice joue demain au Parc des Princes. 

Et puis les millions du plastique sont depuis 3 ans maintenant investis dans une course à la voile

Pas n’importe laquelle la plus ancienne et la plus prestigieuse : la coupe de l’America. Les néo-zélandais sont les tenants du titre et pour connaitre leurs adversaires les bateaux italiens et britanniques vont s’affronter en 13 manches à partir de demain à Auckland. Les voiliers volent au-dessus de l’eau à près de 100 km/h, les investissements sont colossaux. 

Comment s'appelle le bateau britannique : Inéos Team UK. 

Le groupe aurait investi 120 millions d'euros selon  les médias britanniques. Mais ce tableau du parfait mécène sportif ne serait pas complet sans ce petit cadeau fait par Jim Rattcliffe au club des sports de Courchevel dont sa fille est une habituée. 19 millions d’euros pour reconstruire le complexe un peu vétuste, 3 ans de travauxn, 4000 M2 et rien en retour pas même le nom de l’entreprise sur la façade. Courchevel où le magnat du pétrole possède deux immenses chalets et où il aime à se retrouver en pleine nature.