L'un des quatre tournois du Grand Chelem se déroule aux Etats-Unis jusqu'à dimanche. En novembre et non en avril pour cause de Covid. Le fabuleux jardin botanique qui lui sert de cadre offre cette année un paysage inédit.

Tiger Woods durant les masters de golf d'Augusta, en avril 2019
Tiger Woods durant les masters de golf d'Augusta, en avril 2019 © Getty / David Cannon/Getty Images

Augusta, ce sont d'abord des champions légendaires : de Jack Nicklaus, vainqueur à seulement 23 ans, en 1963, à Tiger Woods lauréat l'an dernier, signant sa résurrection, lui le bad boy du golf, dont les infidélités conjugales, la consommation d'alcool et de drogue ont ruiné la réputation. 

Avant donc cette renaissance à Augusta le temple de l'Amérique blanche dont les golfeurs noirs ont été exclus jusqu'en 1975, interdits d'en devenir membre jusqu'en 1990. Il a fallu attendre 2012 pour que les femmes puissent prétendre à l'une des 300 cartes de membres. Même Condoleezza Rice alors secrétaire d'Etat des Etats Unis a dû patienter.

Augusta, ce sont aussi des traditions, érigées au rang de dogme. Pas de sponsor visible le long du green, pas de téléphone portable sur le parcours, pas d'autographes, pas de casquette à l'envers pour les spectateurs que vous ne devez pas appeler les "fans" mais les "patrons", c'est plus classe.

Un jardin extraordinaire

Mais Augusta, en Géorgie, sud-est des Etats-Unis, est surtout un haut lieu de l'horticulture. 870 000 plantes sont recensées le long du parcours. Chaque trou porte le nom d'une fleur ou d'un arbre. Le 8 c'est jasmin jaune, le 16 l'arbre de Judée. Tout cela ne doit rien au hasard. 

Bobby Jones, l'ancien golfeur qui a dessiné Augusta dans les années 30 a racheté ces terres à un horticulteur belge, l'un des premiers du pays spécialisé dans le commerce d'arbres fruitiers mais ruiné par la crise de 1929. Jones a gardé les plantes et les arbres et aménagé le parcours que l'on connait aujourd'hui. Un héritage dont prennent soin au quotidien 60 jardiniers, jusqu'à 120 à l'approche du tournoi. Lorsqu'il fait trop chaud, un système de drainage ultra-moderne envoie de l'air frais. Il aspire l'eau en cas de fortes pluies. Et pour que tout soit impeccable pour les 4 jours de compétition, le golf ferme plusieurs mois par an. La pelouse peut alors se reposer. 

En 1994 le journaliste de CBS qui commentait le tournoi avait parlé d'un green "épilé comme un maillot". Shocking ! Il est depuis interdit d'entrée. Pour s'imposer à Augusta au printemps, il faut dompter le parcours et ne pas se laisser enivrer par les parfums. Mais cette année, la covid a changé la donne et repoussé l'échéance en novembre. 

Alors qu'en sera-t-il à l'automne quand les cornouillers et les érables volent la vedette aux azalées et aux magnolias ?

L'équipe