La deuxième édition de l'International Swimming League se déroule en ce moment à Budapest. Cette ligue privée propose un véritable show aux téléspectateurs et une plus grande médiatisation aux stars de la natation.

Lumières, couleurs : la compétition est taillée sur mesure pour une diffusion à l'écran
Lumières, couleurs : la compétition est taillée sur mesure pour une diffusion à l'écran © AFP / Mark RALSTON

L’ISL est une ligue professionnelle de natation complètement privé. 320 nageurs et nageuses dont des stars de la discipline comme le français Florent Manaudou ou l’américain Caleb Dressel y participent. Ils sont répartis dans 10 équipes : les titans de Toronto, les centurions de Rome, etc. 

La compétition est organisée autour de matchs entre 2 équipes : chaque nageur rapporte des points grâce à sa place en course. 38 courses sont programmées en tout : 50, 100 et 200 m dans chaque spécialité, plus des relais. Parfois les sportifs s'affrontent en duels dans lesquels le chrono est secondaire. Bref, un véritable show pensé et réalisé pour une diffusion sur écrans. Le décor s'affiche en couleurs fluo. Les concurrents sont présentés en 3D. Le format des matchs est réduit, pas plus de deux heures. Les horaires sont adaptés au public visé. 

A Budapest, où se déroule cette 2e édition à partir de ce vendredi, les compétitions pour le Japon ont lieu en début d'après-midi, celles pour les États-Unis en fin de journée. Sans oublier des nouveautés : cette année l’arrivée de l’arbitrage vidéo. Le tout en mode Covid : les sportifs vont rester confinés pendant un mois dans des hôtels sur l’île Marguerite sur le Danube avec interdiction de quitter l’île sauf pour aller s’entraîner. 

"Une compétition post moderne"   

Son créateur le milliardaire ukrainien Konstantin Grigorishin a un credo simple : "Les Jeux Olympiques appartiennent au passé. Il est vain de vouloir moderniser le sport traditionnel, il faut en créer un nouveau. Un sport post-moderne". Une idée qu’il dit avoir eu en  accompagnant son fils à des compétitions universitaires de natation aux  Etats Unis. Les séries, les demi-finales, les finales, les cérémonies, les discours : tout cela lui paraît interminable. Il faut changer, se dit-il et il se rend vite compte que c’est possible. 

Car à l’exception de quelques stars les nageurs gagnent très mal leur vie et n’existent aux yeux du grand public que tous les 4 ans au moment des JO. Ils sont donc  réceptifs. L'organisateur leur propose, même en dehors des périodes de compétition, un salaire minimum de 1500 dollars par mois pendant 10 mois  plus des bonus. Des revenus fixe mais aussi l’assurance d’être médiatisé. L’ISL est, selon ses organisateurs, diffusé dans 145 pays. Chaque équipe dispose de sa propre chaîne sur internet. Ce qui fait dire  à certains champions que la compétition pourrait très rapidement occulter les championnats d’Europe et du monde.

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