Le footballeur allemand sera présenté dans les prochains jours aux supporters du club d'Istanbul. Son arrivée était espérée par la Turquie depuis des années.

Mesut Özil, 32 ans, est un créateur du football, à la passe soyeuse et précise, qui par sa vision du jeu fait le bonheur des attaquants.

« Ma conduite de balle et ma technique sont les cotés turcs de mon jeu" dit il, "la discipline, l’attitude, c’est le coté allemand ». 

Si Özil est né en Allemagne à Gelsenkirchen, au cœur de la Rhur, ses parents sont turcs. Il fait partie de cette génération "multikulti" (multiculturelle), du foot allemand avec des joueurs d’origine tunisienne, ghanéenne ou polonaise. En 2013 son transfert du Real Madrid vers Arsenal est l’un des plus importants de l’histoire du foot anglais, 50 millions d'euros. En 2014 il est champion du monde au Brésil.

Ces succès ont aussi un écho en Turquie. Le président Recep Tayip Erdogan veut parler à la diaspora turque installée en Allemagne, près d’1 million 500 000 personnes. Il cherche des relais, Özil en fait partie.

Au printemps 2018 le joueur crée la polémique en s’affichant à Londres au côté du président turc en campagne pour sa réélection. La Turquie est alors le pays qui emprisonne le plus de journalistes dans le monde. En Allemagne les critiques sont vives et la débâcle de l’équipe nationale à la coupe du monde en Russie n’arrange rien. Angela Merkel a beau demander du "respect"  pour un "grand joueur", les ex-stars du foot allemand se déchainent. 

« Je suis allemand quand on gagne, mais je suis un immigré quand on perd.» explique Mesut Özil. Il met un terme à sa carrière international. 

Quelques mois plus tard une crise diplomatique éclate  entre l’Allemagne et la Turquie quand le joueur choisit le président Erdogan comme témoin pour son mariage à Istanbul.

En décembre 2019 Özil est le premier sportif à dénoncer dans un message publié en langue turque sur instagram la répression du régime chinois contre les ouighours. 

Son club d'Arsenal qui craint pour ses intérêts commerciaux en Chine se désolidarise. La confiance est rompue, Özil est mis au placard.

Il veut rebondir en Turquie

Dimanche dernier le joueur publie une photo de lui avec sa femme et son fils. Il est dans un avion, derrière lui des drapeaux du club turc de Fenerbahçe à Istanbul. Özil annonce son départ d’Arsenal. Dans la nuit sur le site Flightradar, qui permet de suivre les vols en temps réel, un million de personne le suivent à la trace. Du jamais vu.

Le lendemain le ministre allemand des affaires étrangères en visite à Ankara est interrogé sur ce transfert. Il prend son temps avant de déclarer : "c’est un sujet plus sensible que celui de la vaccination". Les supporters turcs eux attendront encore un peu avant pour voir leur idole en action. Le transfert sera officialisé dans les prochains jours avant une présentation en grande pompe la semaine prochaine.

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