Le Top 14 est l’une des rares compétitions qui ne s’arrête pas pendant les fêtes. Le boxing-day se joue donc dimanche. L’occasion de donner un coup de projecteur sur une des stars de l’ovalie qui va bientôt prendre sa retraite.

Jérôme Kaino, rugbyman
Jérôme Kaino, rugbyman © AFP / REMY GABALDA

En début de semaine une armoire à glace d’1m96 et plus de 100 kg a annoncé qu’elle rangera crampons et maillot du Stade Toulousain à la fin de la saison. L’armoire s’appelle Jérome Kaino, néo zélandais de 37 ans.

Kaino, ce sont deux coupes du monde avec les All Blacks en 2011 et en 2015, un bouclier de Brennus en 2019 (champion de France) avec Toulouse.   

Et si je vous en parle en ce matin de Noël, c’est parce que l’histoire de Kaino, c’est l’histoire d’une rédemption. D’un bad boy devenu modèle pour les jeunes générations.

Jérome Kaino est né aux Samoas, il a 4 ans quand ses parents s’installent en Nouvelle-Zélande et là le petit Jérome que ses 5 frères et sœurs appellent tatie, pour sa manie de tout ranger et tout nettoyer… là donc le gamin tombe dans le chaudron du rugby à l’âge de 10 ans. Avec son gabarit hors normes il se poste en 3e ligne (avec ceux qui sautent en touche et poussent à l’arrière de la mêlée). Jérôme Kaino entre dans la grande équipe des All Blacks à l’âge de 23 ans et là… notre homme dira lui-même qu’il prend la grosse tête…

Tatie devient « bad boy » ?

C’est un peu ça ! Kaino sort tous les soirs, parade dans les bars jusqu’au petit matin - c’est un all black, un seigneur ! - et rentre bien souvent complètement saoul. Une vie où la 3e mi-temps prend autant de place que les 2 premières… jusqu’à ce qu’en 2008, le colosse soit arrêté pour conduite en état d’ivresse. La paternité le calme à peine… 

Sur les terrains on le surnomme « l’exécuteur » tant il est intraitable dans ses placages et impose un défi physique colossal à ses adversaires. En 2017 le double champion du monde est une star dans son pays et la presse révèle sa relation extra conjugale avec une top model australienne. En fait, Kaino figure en bonne place dans un rapport commandé par la fédération néo zélandaise de rugby , baptisé « respect et responsabilité ». 

Le joueur n’est pas le seul à faire parler de lui pour ses frasques et au pays du long nuage blanc, le rugby est une vitrine diplomatique, une affaire d’Etat, il faut donc remettre un peu d’ordre. Pointé du doigt, Kaino est brièvement suspendu… Il met les voiles au Japon et finit par atterrir à Toulouse en 2018.   

Et le phoénix renait de ses cendres...

Kaino veut repartir à zéro avec un objectif : affronter le gratin des clubs de l’hémisphère nord et remporter la coupe d’Europe de rugby. Plutôt discret dans le vestiaire à son arrivée, ses entraîneurs louent très vite un professionnel à l’écoute, exemplaire à l’entrainement. Son expérience pèse dans les matches cruciaux et il devient un modèle pour la jeune génération. Un guide. A tel point que cette semaine, le Stade Toulousain a annoncé qu’il gardera son All Black pour en faire un de ses entraineurs…

Kaino ne pouvait rêver mieux : il estime qu’il peut arrêter de jouer car, dit-il, la nouvelle génération est prête et qu’il a envie de travailler au Stade Toulousain pour le jeu à la toulousaine qu’il compare souvent à celui des Blacks… « The Enforcer » n’espère plus qu’un seul cadeau : la champions cup ! C’est donc cette année ou jamais pour lui et pour les amateurs de rugby qui veulent voir évoluer un joueur de la génération de Dan Carter ou Richie McCaw.

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