Le Red Bull BC One se déroule ce week-end à Salzbourg.

En temps normal, on ne vous aurait peut-être pas parlé de cette manifestation dans une chronique de sport... Peut-être plus dans une rubrique culture... mais ça c'était avant ! 

Avant que le Comité international olympique ne soit sur le point de valider le Breaking (le vrai nom de la breakdance) comme discipline olympique à Paris en 2024.  La décision devrait être prise le 8 décembre et ce devrait être une formalité puisqu'on sait déjà que l'épreuve se déroulera place de la Concorde, en plein cœur de Paris.

Il convient donc d'avoir un œil sur ce qui va se passer à Salzbourg ce week-end car c'est tout simplement la seule épreuve mondiale qui fait foi dans cette discipline. Le gratin des B Boys, et des B Girls (les danseurs) va s'affronter pour décrocher la ceinture de meilleur danseur du monde. Une ceinture qui ressemble un peu à celle des champions de boxe. 

Donc le breaking est bien un sport !

Il y a clairement deux courants : 

  • Ceux pour qui cette danse sur de la musique rap où l'on rivalise d'acrobaties est inhérente à la culture hip hop, une culture de la rue, loin des codes, un peu rebelle et qui du coup estiment qu'entrer aux JO c'est tuer l'âme du breaking qui est d'abord un langage du corps. 
  • Et ceux qui soulignent un fait indéniable : un breaker de haut niveau aujourd'hui s’entraîne 6h par jour, enchaîne les pompes les abdos, les exercices pour travailler le cardio, acquiert la technique des gymnastes. Les plus performants ont recours au yoga, aux ostéopathes... comme beaucoup de sportifs de haut niveau.

Et puis la breakdance fait appel à des règles : on s'affronte dans des battles de cinq minutes sur une musique choisie par un DJ et que l'on ne connait pas à l'avance sur laquelle il faut improviser... chaque adversaire a un temps donné pour réaliser sa chorégraphie et il est noté par un jury sur sa technique et son sens artistique comme au patinage. 

La sociologue Roberta Shapiro, qui a étudié le mouvement hip hop conclut : 

À partir du moment où il existe des règles et qu’une pratique est codifiée, on s’éloigne de l’art

Un avis qui peut se discuter si on prend pour exemple deux sportifs qui nous ont quitté cette semaine : le rugbyman Christophe Dominici et le footballeur Diego Maradona avait des courses et des crochets qui sublimaient leur sport... et parfois, on n’était pas loin de l'art. 

Mais pour revenir à nos breakers... 

Ce week-end, au Red Bull BC One de Salzbourg il y aura deux Français : Kami chez les filles et Pacpac chez les garçons… En breaking on n'affiche pas son nom, on porte un "blase" !

Et puis un  maillot : celui que portera le XV de France demain soir pour recevoir l'Italie dans la coupe d'automne des nations de rugby.

Sur la manche, entre la bande bleu et la bande rouge du drapeau : y est inscrit : Domi. Pour Christophe Dominici, l'ancien ailier international décédé cette semaine à l'âge de 48 ans.  Un maillot qui sera portée par une toute jeune équipe de France assez inexpérimentée à ce niveau. 

Espérons que l'hommage prévu et l'émotion qui traverse le staff n'écraseront pas trop la jeune garde.

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