Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

 Claudy Siar et Patrick Chamoiseau
Claudy Siar et Patrick Chamoiseau © Radio France / Laurence Garcia

Patrick Chamoiseau et Claudy Siar

Dans tes rêves, y’a un gamin en culotte courte qui fouille une malle aux trésors dans le grenier de ses ancêtres. Il découvre un vieux globe terrestre qui tourne sur lui-même avec des continents en couleurs et des océans bleus. Le môme qui vient du futur ne comprend pas à quoi peut bien servir cette drôle de terre déconnectée qui ne tourne pas rond. 

Dans son école du futur, on n’enseigne plus la géographie ni les frontières, ces vieux machins qui ne servent à rien. Si la terre tourne toujours en rond, ça fait belle lurette que les nations relations ont remplacé les états nations. Dans cette humanité sans limite, les gamins ne dessinent plus des pays avec des frontières tout autour. Ils n’ont pas connu le monde d’avant avec ses passeports, ses permis de séjour et ses droits d’asile. Tous ces mots du passé sont une langue étrangère dans le nouveau monde du chacun pour tous. 

Dans tes rêves, y’a le pays de ton enfance et celui de l’utopie.

Y’a pas de morale à la fin, tout est possible, tu deviens un super héros de la vraie vie

Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Claudy Siar et Patrick Chamoiseau - Diptyque
Claudy Siar et Patrick Chamoiseau - Diptyque © Radio France / Laurence Garcia

Patrick Chamoiseau 

Patrick Chamoiseau est né le 3 décembre 1953 à Fort-de-France en Martinique. Prix Goncourt pour Texaco (en 1992), il est l'auteur de récits intimes (Une enfance créole, en trois volumes), de romans (Chronique des sept misères, Solibo Magnifique, Biblique des derniers gestes), d'essais (Éloge de la créolité, Lettres créoles, Écrire en pays dominé), de pièces de théâtre, de poèmes et de scénarios. Il vit au Lamentin  

Frères migrants Paru le 4 mai 2017   Editeur  Seuil,  

La poésie n'est au service de rien, rien n'est à son service. Elle ne donne pas d'ordre et elle n'en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe - c'est ainsi qu'elle s'oppose, ou mieux : qu'elle s'appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Édouard Glissant m'appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ». C'était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d'aucun pouvoir. Nous n'étions reliés à aucune puissance. Nous n'avions que la ferveur de nos indignations. C'est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu'il fondait son droit et son devoir d'intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains. Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j'ai imaginé qu'Édouard Glissant m'avait appelé, comme m'ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s'y commettent. Elle ne sert qu'à esquisser en nous la voie d'un autre imaginaire du monde. Ce n'est pas grand-chose. C'est juste une lueur destinée aux hygiènes de l'esprit. Peut-être une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.  Patrick Chamoiseau   

La matière de l'absence préface inédite de Chantal Thomas Réedition le 1er février 2018   Editeur  Points, 

« Quand nous nous retrouvâmes autour des restes de Man Ninotte - ses deux filles, trois garçons - et qu'il nous fallut confronter l'immobilité plénière, l'impassibilité absente et minérale, le silence sans commencement ni fin, comme lors de cette même ronde autour du cercueil que l'on devait sceller, nous dûmes être persuadés qu'une bonne partie du monde s'était comme amoindri, que les horizons s'étaient soudain déformés, laissant des irruptions de vides et des dévastations de nature invisible. Une bonne part de nous avait basculé hors de l'espace et hors du temps. »  À partir de la mort de sa mère, l'écrivain visite l'histoire encore méconnue des Antilles, leurs genèses, leurs rituels, leurs modes de vie, remontant aux origines de l'humanité, retraçant l'étonnante créativité d'un peuple qui a inauguré ses mythes et ses combats dans le ventre du bateau négrier. Dialoguant avec sa soeur, dite « la Baronne », il évoque, avec tendresse, humour et profondeur, la poétique de tout un monde qui dépasse le cercle familial et qui nous initie à un bel art de vivre.

Claudy Siar

Fondateur de Tropiques FM. Présentateur radio/TV (RFI & France Ô). Ancien délégué interministériel pour l'égalité des chances des français d'outre-mer.

Couleurs tropicales RFI Le site

Son Facebook

La programmation musicale 

  • Foule romaine -  Jean-louis MURAT
  • Myenemy -  PARCELS  
  • L'amour en solitaire Juliette  -  ARMANET
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.