Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Faïza Guène et Bernard Lahire pour Dans tes rêves
Faïza Guène et Bernard Lahire pour Dans tes rêves © Radio France / Laurence Garcia

Bernard Lahire et Faïza Guène

Dans tes rêves, y’a un sociologue allongé sur un divan qui s’engueule avec son psychanalyste qui se fait appeler Freud. C’est électrique entre les deux hommes. Tout est social dit le patient. Même l’onirique est social. Faux ! corrige Freud, tout est sexuel. Tu n’as pas le monopole des rêves, réplique le sociologue. Le rêve n’est que le gardien du sommeil, balance Freud. Fin de la séance. 120 euros. Non remboursés par la sécurité sociale. Tout n’est pas social, ricane Freud.  Le socio signe un chèque en blanc. A part ça, tout va bien.

Dans tes rêves, y’a deux amies frangines qui se racontent leurs souvenirs d’ados. Le billet de 20 francs piqué à maman, Hélène et les garçons à la télé, la victoire de la France black blanc beur où tout semblait possible, avant l’an 2000. Depuis, 20 balles valent 20 euros et l’an 2000 semble déjà si loin.

Dans tes rêves, y’a le pays de ton enfance et celui de l’utopie.

Y’a pas de morale à la fin, tout est possible, tu deviens un super héros de la vraie vie…

Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Faïza Guène et Bernard Lahire, diptyque pour Dans tes rêves, février 2018
Faïza Guène et Bernard Lahire, diptyque pour Dans tes rêves, février 2018 © Radio France / Laurence Garcia

Bernard Lahire 

Bernard Lahire est né à Lyon en 1963. Il est professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Lyon et membre senior de l’Institut Universitaire de France. Il a travaillé successivement sur l’échec scolaire, les réussites scolaires improbables, les pratiques de lecture et d’écriture, l’illettrisme, les pratiques culturelles, les rapports entre art et société (en étudiant notamment les conditions de création des écrivains, l’œuvre de Kafka et la trajectoire historique d’un tableau de Nicolas Poussin) et les rêves. Ses travaux lui ont valu de recevoir la médaille d’argent du CNRS en 2012.

Il a publié une vingtaine d’ouvrages depuis le début des années 1990, parmi lesquels : Culture écrite et inégalités scolaires. Sociologie de l'« échec scolaire » à l'école primaire (Presses Universitaires de Lyon, 1993), La Raison des plus faibles. Rapport au travail, écritures domestiques et lectures en milieux populaires (Presses Universitaires de Lille, 1993), Tableaux de familles. Heurs et malheurs scolaires en milieux populaires (Gallimard/Seuil, 1995), L'Homme pluriel. Les ressorts de l'action (Armand Colin, 1998), L'Invention de l'« illettrisme ». Rhétorique publique, éthique et stigmates (La Découverte, 1999), Portraits sociologiques. Dispositions et variations individuelles (Armand Colin, 2002), La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi (La Découverte, 2004), L'Esprit sociologique (La Découverte, 2005), La Condition littéraire. La double vie des écrivains (La Découverte, 2006), Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire (La Découverte, 2010), Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales (Seuil, 2012), Dans les plis singuliers du social. Individus, institutions, socialisations (La Découverte, 2013), Ceci n’est pas qu’un tableau. Essai sur l’art, la domination, la magie et le sacré (La Découverte, 2015), Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse » (La Découverte, 2016). Ses livres sont traduits dans dix pays.

Son dernier ouvrage : " L’Interprétation sociologique des rêves "  (La Découverte, 2018). 

Le rêve peut-il être appréhendé par les sciences sociales ? Objet devenu  indissociable de la psychanalyse, étudié par la psychologie et les  neurosciences, il était jusqu’à ce jour largement ignoré des  sociologues. Certes, quelques chercheurs ont pu s’interroger sur la  manière dont le rêve a été perçu selon les époques et les milieux. Mais  ce que propose Bernard Lahire ici, c’est d’entrer dans la logique même  de sa fabrication et de relier les rêves aux expériences que les  individus ont vécues dans le monde social.
L’ambition de cet ouvrage, inédit en sociologie, est d’élaborer une  théorie générale de l’expression onirique. En partant des acquis du  modèle d’interprétation proposé par Freud, Bernard Lahire s’efforce d’en  corriger les faiblesses, les manques et les erreurs, en tirant parti  des nombreuses avancées scientifiques accomplies depuis L’Interprétation du rêve.
À  l’issue de cette recherche, le rêve apparaît, à l’opposé de ce que  croyait Freud, comme l’espace de jeu symbolique le plus complètement  délivré de toutes les sortes de censure, tant formelles que morales. La  communication de soi à soi dans laquelle s’exprime le rêve fait de lui  le plus intime des journaux intimes. Il livre, à qui veut s’y  intéresser, des éléments de compréhension profonde et subtile de ce que  nous sommes. Son étude permet de voir frontalement ce qui nous travaille obscurément, et de comprendre _ce qui pense en nous_à l’insu de notre volonté.
Cette théorie de l’expression onirique contribue aussi à la  transformation de la sociologie en lui donnant de nouvelles ambitions.  Si le rêve fait son entrée dans la grande maison des sciences sociales,  ce n’est pas pour laisser le lieu en l’état, mais pour en déranger les  habitudes et en agencer autrement l’espace.

Faïza Guène

Faïza Guène naît de parents originaires d'Aïn Témouchent (ouest de l'Algérie) et grandit avec son frère et sa sœur à Pantin. Elle se fait remarquer à l’âge de 13 ans en fréquentant un atelier d’écriture audiovisuelle à Pantin, dirigé par l’association Les Engraineurs. Jusqu'à l’âge de 17 ans, elle écrit et réalise cinq courts-métrages en vidéo dont certains seront primés dans des festivals[réf. nécessaire]. Après avoir obtenu une subvention du Centre national du cinéma à 18 ans, elle réalise un moyen-métrage en Super 16 mm, Rien que des mots dans lequel elle fait jouer sa mère.  

Durant la même année elle commence son roman Kiffe kiffe demain qu’elle dit écrire « comme un loisir ». Après qu'elle a rédigé une trentaine de pages « au stylo plume sur des feuilles de classeur », le professeur de français responsable de l’atelier d’écriture lit ce texte et l’envoie à la maison d’édition Hachette Livre sans en avertir Faïza.  

L’éditrice, Isabelle Seguin, lui propose alors de signer un contrat et de terminer la rédaction du roman. À la sortie du livre, en septembre 2004, une journaliste du Nouvel Observateur consacre une double page à Faïza et encense le livre. La tornade médiatique commence alors et Kiffe kiffe demain se vend à plus de 400 000 exemplaires et est traduit dans plus de vingt-six langues2.  Toujours dans la veine de la comédie sociale, en 2006, Faïza publie Du rêve pour les oufs puis Les Gens du Balto en 2008 et Un homme, ça ne pleure pas en 2014.

Faïza Guène continue de collaborer à des projets audiovisuels ( la série Franco-suédoise « Jour Polaire » sur Canal +, différents scénarios de téléfilms et longs métrages...)   

Elle anime aussi des ateliers d’écriture depuis une dizaine d’années pour continuer de transmettre à son tour, en particulier à un public d’adolescents en milieu scolaire.

Son dernier livre : "Millénium blues" paru en janvier 2018  Editions Fayard

«   Le monde a changé à partir du forfait Millénium. Désormais, on se  parlerait sans limites. On pourrait se dire autre chose que l’essentiel.  La jeunesse devenait Millénium, le monde, sous nos yeux, était en train  de devenir Millénium. J’ai le Millénium Blues. Vous l’avez aussi  ?  Est-ce qu’on en guérira un jour  ?  »
De la fin des années 1990 à  nos jours, Zouzou promène sur son époque son regard d’enfant,  d’adolescente, puis de jeune femme, et enfin de mère, tout cela dans le  désordre ou presque.
On suit par épisodes, par âges, le parcours  tourmenté de ce personnage, reflet de sa génération, bousculée par  l’arrivée du nouveau millénaire.
Chaque épisode fort de la vie intime  de Zouzou est lié de près ou de loin à un événement de notre vie  collective. La coupe du monde 1998, le 11 septembre 2001, le second tour  de l’élection présidentielle de 2002 ou encore la Grippe A...
Mais  si le monde change à un rythme de plus en plus rapide, une chose  demeure  : l’amitié qui lie Zouzou à Carmen, et qui va traverser le  temps et les épreuves.
Tout commence à Paris, par un accident, en août 2003, en plein cœur de la canicule…

La programmation musicale :

  • Daydream  - THE LOVIN' SPOONFUL   
  • What's chasing you   Marlon WILLIAMS    
  • Ring-a-ring o' roses   Charlotte GAINSBOURG
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