Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Ariane Ascaride et Macha Makeïeff
Ariane Ascaride et Macha Makeïeff © Radio France / Laurence Garcia

Dans tes rêves, y’a Molière qui tape un carton avec Marius et Jeannette dans un troquet du vieux port en dissertant sur cette drôle de farce pas si drôle de la mondialisation.

Ça le dépasse Molière tous ces malades imaginaires de la peur, ces Tartuffes de la finance et ces misanthropes du pouvoir. Rien n’a changé finalement à part ces cagoles, plus sexy que ses précieuses ridicules, qui parlent fort pour se faire entendre du mistral.

Dans tes rêves, y’a Ali Baba dans un Blabla Car, Jacques Tati dans un film ultra bavard avec Monsieur Hulot et les Deschiens qui dialoguent dans la langue des signes. On s’entend mieux parfois dans le silence des beaux gestes.

Dans tes rêves, y’a le pays de ton enfance et celui de l’utopie. Y’a pas de morale à la fin, tout est possible, tu deviens un autre. Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Ariane Ascaride et Macha Makeïeff
Ariane Ascaride et Macha Makeïeff © Radio France / Laurence Garcia

Ariane Ascaride

Ariane Ascaride découvre le théâtre dans son enfance grâce à son père, acteur amateur. Après le Conservatoire de Marseille, des études de sociologie à l’université d’Aix en Provence, où elle rencontre Robert Guédiguian qu’elle épouse en 1975, elle entre au Conservatoire national d'art dramatique de Paris. Elle suit les cours d'Antoine Vitez et Marcel Bluwal. Dans les années 1970, elle débute au théâtre dans les pièces de son frère Pierre Ascaride, puis joue dans des petits rôles au cinéma.

Son premier véritable rôle lui est offert par René Féret dans La Communion solennelle **** en 1977. A partir de 1980 elle tourne dans les films de son mari. C’est avec Marius et Jeannette en 1997, sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes, qu’Ariane Ascaride se fait connaître du grand public, et reçoit le César de la Meilleure Actrice en 1998 pour le rôle de Jeannette.

Elle tourne avec d’autres cinéastes tels que Dominique Cabrera dans Nadia et les hippopotames en 1999 ou encore Olivier Ducastel et Jacques Martineau dans Drôle de Félix en 2000. Après Lady Jane et L' Armée du crime réalisés par Robert Guédiguian, Ariane Ascaride tourne en 2008 dans la série George et Fanchette , diffusée sur France 3. Elle travaille l'année suivante aux côtés de Sylvie Testud et Pascal Greggory dans Le jour de la grenouille. On la découvre dans Roses à Crédit d'Amos Gitai, L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret, Fracture d'Alain Tasma. En 2011, Ariane Ascaride joue dans Les neiges du Kilimandjaro dont la prestation lui vaut une nomination au César 2012 de la Meilleure Actrice.

Parallèlement à sa carrière cinématographique, elle poursuit son parcours théâtral. Elle interprète actuellement le rôle d'Esprit-Madeleine Poquelin, la fille de Molière dans "Le silence de Molière" de Giovanni Macchia mis en scène par Marc Paquien au Théâtre de la Tempête: Mademoiselle Poquelin, incarnée par Ariane Ascaride, nous fait découvrir son aversion et son amour du théâtre. En revenant sur ses jeunes années, elle laisse surgir les fantômes…

G. Macchia :

J’ai toujours été frappé par le profond silence qui, au cours de toute son existence, entoura la personne d’Esprit-Madeleine Poquelin, unique fille de Molière, née en 1665 du mariage avec l’actrice Armande Béjart et morte à l’âge de cinquante-huit ans, en 1723. Le destin, en l’éloignant du théâtre, lui assigna dans la vie le rôle de ces personnages dramatiques auxquels, sous aucun prétexte, il n’est permis de se taire. Toute jeune encore, elle apprit des choses infamantes, vraies ou fausses, sur la vie de son père et de sa mère. (…) Pourtant elle ne fit jamais entendre sa voix. Pourquoi choisit-elle le silence... Pourquoi s’est-elle accommodée du rythme tranquille et bourgeois d’une existence quelconque ? Ces questions et d’autres m’ont poussé à tracer un portrait de Madeleine à travers la fiction d’une conversation avec un interviewer imaginaire, portrait dessiné d’après nature, et dans lequel est naturellement libre l’interprétation du personnage, de ce personnage qui n’a pas trouvé à se réaliser.

16 SEPTEMBRE // 16 OCTOBRE 2016
au Théâtre de la Tempête - salle Copi
du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30
(durée 1h20)

Macha Makeïeff

Macha Makeïeff est élève au Conservatoire d’Art Dramatique de Marseille, puis étudie la littérature et l’histoire de l’art à Paris. C’est Antoine Vitez qui lui confie sa première mise en scène au théâtre des Quartiers d’Ivry. Elle est auteur et metteur en scène, avec Jérôme Deschamps, de plus de vingt spectacles créés par leur compagnie Deschamps et Makeïeff, qu’ils fondent et dirigent ensemble. La plupart de ces spectacles sont joués en France et à l’étranger.

Dans les années 90, elle invente le Style “Deschiens“, qui fait les grandes heures de Canal + et marque fortement toute une génération. En 2000, elle fonde avec Jérôme Deschamps et Sophie Tatischeff "Les Films de mon Oncle", qui se consacre au rayonnement et à la restauration de l’œuvre de Jacques Tati. Elle est directrice artistique du Théâtre de Nîmes de 2003 à 2008.

Parallèlement, elle expose son oeuvre de plasticienne dans des espaces aussi différents que la Fondation Cartier, le Musée des Arts Décoratifs de Paris, Chaumont-sur-Loire, la Grande Halle de la Villette ou au Carré d’Art de Nîmes. Elle met en scène de nombreux opéras et intervient comme scénographe pour plusieurs musées et expositions temporaires. Elle a publié des essais sur le théâtre et la poétique des objets et collabore à différentes revues.

De 2009 à 2011, elle préside le fonds d’aide à l’innovation audiovisuelle du CNC. En 2010, elle fonde sa propre compagnie de théâtre : La compagnie Mademoiselle, et prend en juillet 2011 la direction du Théâtre de la Criée à Marseille.

Elle réalise actuellement la mise en scène, les costumes et les décors de la célèbre pièce de Molière "Trissotin ou les femmes savantes", spectacle qui sera en tournée dans toute la France à partir de février 2017:

  • Comédie de Clermont-Ferrand 15, 16 et 17 février
  • Théâtre le Forum de Saint-Raphaël 28 février
  • Théâtre de Miramas 3 mars
  • Comédie de Béthune 7, 8, 9 et 10 mars
  • Carreau de Forbach 15 et 16 mars
  • Théâtre de Saint-Quentin en Picardie 29 et 30 mars
  • Théâtre du Beauvaisis 5 et 6 avril
  • Théâtre de Béziers 20 avril
  • Le Cadran, Scène Nationale d’Evreux 25 avril
  • Le Pian’ocktail, Théâtre du Bouguenais 29 avril
  • Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines 3, 4 et 5 mai...

Programmation musicale

  • Charlélie Couture - (On va) déconner
  • Mickael Kiwanuka - Love and hate
  • Pretenders - The singles

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