Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Patrick Timsit et Laurent Delmas, Dans tes rêves 2017
Patrick Timsit et Laurent Delmas, Dans tes rêves 2017 © Radio France / Laurence Garcia

Patrick Timsit et Laurent Delmas

Dans tes rêves, tu es assis au bout de la table, dans le coin des mômes qui s’ennuient face au théâtre des adultes qui braillent. Y’a le tonton donneur de leçons qui a toujours raison, papi et ses blagues salaces, mami qui n’entend rien ou fait semblant, y’a aussi les pièces rapportées des familles décomposées comme dit le tonton réac. Dans tes rêves, tu les trouves tristes et drôles ces grands qui picolent trop et deviennent tout rouge alors qu’ils boivent du blanc pétillant. Entre le tonton de droite, ton père prof de gauche, ta mère catho, tout les fâche : Dieu, Jupiter, les réfugiés, les alloc chômage, les Hashtag balance ta famille, heureusement que mami est sourde comme un pot. Dans tes rêves, tu t’imagines demain à la table des grands, à la place du tonton et tu te jures que non, jamais, tu ne leur ressembleras. Sauf que demain c’est déjà aujourd’hui et tu te souviens avec nostalgie des réveillons d’avant, les blagues de papi qui est parti, les pull-over têtes de cerfs tricotés par maman et la bûche trop beurrée de mami qui entendait tout mais ne disait rien pour préserver cet air de famille, si fragile, si précieux.

Diptique "Dans tes rêves" avec Patrick Timsit et Laurent Delmas
Diptique "Dans tes rêves" avec Patrick Timsit et Laurent Delmas © Radio France / Laurence Garcia

Patrick Timsit 

Si chaque comédien a par définition plusieurs vies, Patrick Timsit, lui, en a au moins trois : Une vie de one man show, une vie de cinéma et une vie de théâtre.

En 1991, c’est sa rencontre déterminante avec Coline Serreau, qui lui confie le mémorable personnage de Michou dans son film La Crise, qui lui fera rencontrer le succès au cinéma...et une nomination au César du meilleur second rôle. 

Succès qui s’affirme ensuite par Un Indien dans la ville d’Hervé Palud en 1994, puis l’année suivante avec Pédale douce de Gabriel Aghion (2 nominations aux Césars en tant qu’auteur et meilleur acteur). 

Entre 1996 et 1997, il offre un autre visage en interprétant trois rôles plus dramatiques :  Passage à l’acte de Francis Girod, Marquise de Véra Belmont, et Le cousin, film noir d’Alain Corneau avec Alain Chabat, qui lui vaut une nouvelle  nomination aux Césars du meilleur acteur.

Patrick Timsit revient ensuite à la comédie avec Paparazzis d’Alain Berberian, avec Vincent Lindon, dont il est aussi co-auteur.

En 2000, il joue dans le premier film réalisé par Richard Berry, L’art (délicat) de la séduction. 

C’est alors qu’il décide de passer à la mise en scène cinéma avec Quasimodo d’El Paris, un film qu’il coécrit, réalise et interprète et qui remporte un franc succès.

Suivront Quelqu’un de bien et L’Américain également écrits et réalisés par lui.

A la télévision, Patrick Timsit incarne un remarquable  Landru sous la direction de Pierre Boutron.

La même année il joue L’Emmerdeur avec Richard Berry au théâtre de la Porte Saint - Martin. 

La pièce triomphera durant près de deux ans à Paris avant d’être adaptée au cinéma par Francis Véber, réunissant le même tandem. 

Après treize ans d’absence Patrick Timsit revient en 2007 dans un nouveau seul en scène,The one man stand - up show , pour deux années de succès à travers toute la France, en passant par La Cigale, le Théâtre de la Gaité Montparnasse et l’Olympia.

Depuis 2012, Patrick alterne théâtre, cinéma et télévision. On l’a notamment vu dans Star s 80 avec Richard Anconina, Une chanson pour ma mère de Joël Franka, Le marsupilami d’Alain Chabat avec Jamel.

Aux côtés de Thierry Lhermitte, il joue Inconnu à cette adresse de Krayssmann Taylor au Théâtre Antoine à Paris, au Théâtre du Chêne Noir au Festival d’Avignon 2015 et en tournée.

Il crée son nouveau one-man -show On peut rire de tout en janvier 2015 au Théâtre du Rond-Point puis à la Gaîté Montparnasse pendant quatre mois. Actuellement en tournée, le spectacle repassera par Paris les 25 et 26 novembre à la Salle Pleyel.

Entre-temps, Patrick Timsit a tourné Gangsterdam de Romain Levy, Stars 80 (la suite) et Le bol de Marie-Francine de et avec Valérie Lemercier.

Son spectacle : LE LIVRE DE MA MÈRE de Albert COHEN Mise en scène de Dominique PITOISET 

Il y a plus de trente ans, Patrick Timsit a ouvert un livre qu'il n'a jamais refermé depuis : un chant d'amour et de deuil à la gloire de la mère perdue, un monument de mots élevé par l'un des plus grands stylistes français. Dernièrement, il est devenu l'ami de Dominique Pitoiset, dont il a découvert l'univers créatif sur Cyrano de Bergerac, avec Philippe Torreton. Timsit a attendu des années de savoir avec qui travailler autour du Livre de ma mère. Le verbe de Cohen, l'émotion de Timsit, la rigueur artistique de Pitoiset nous donnent rendez-vous pour un moment de théâtre qui promet d'être exceptionnel. Daniel Loayza   Avec Le Livre de ma mère, tout à coup, le vacarme du monde reste à la porte. L'écrivain la referme, le silence se fait. La solitude est comme ressaisie, creusée, approfondie. Et avec elle, un manque impossible à combler. Le deuil de la mère.  Les chapitres du Livre de ma mère sont comme des respirations. Albert Cohen écrit comme on respire, c'est-à-dire quand il en a besoin (un besoin vital). Il n'exécute pas un programme, ne raconte pas une histoire. C'est plus une succession d'états qu'un récit. Parfois une anecdote affleure, des incidents remontent à la surface. Mais la mémoire de l'écrivain suit ses méandres sans sacrifier aux nécessités d'une histoire. Nous n'avons pas à être plus exhaustifs que lui. Nous allons nous laisser porter, Patrick et moi, par ce courant...  Un petit homme, donc, un petit prince, aurait peut-être dit sa mère, qui marche sur la vaste croûte terrestre. Il ne se regarde pas faire, il ne s'écoute pas parler. Cherchant ses mots, il s'adresse à nous. Evoquant sa mère, convoquant le public. Il peut le faire, il doit le faire, parce qu'il est seul. Un cœur mis à nu, sans caméras, sans miroirs, sans médiations. Sans narcissisme. Et lucide, sans les facilités de la misanthropie. Démuni, abandonné. Dépouillé. (Dominique Pitoise)

Le site du Théâtre de l'Atelier

Laurent Delmas

Laurent a fondé et dirigé le magazine Synopsis. Sur France Inter, fut chroniqueur dans les magazines d’A. Algoud (2000-2002) et J. Artur (2006-2207), et co-anima "Cinéfilms" aux côtés d'A. Asséo (2004-2006). 

Eté 2007, a produit la série «Ciné Cités». Auteur de séries documentaires sur le cinéma européen (Arte). 

A dirigé l’ouvrage «Cinéma, la grande histoire du 7ème art» (Larousse) et «Le tout ciné» (L’Archipel / France Inter). 

Président de l'Union des Journalistes de Cinéma (UJC), il intervient régulièrement à l'AFCAE, à la FEMIS et à la Cinémathèque française. 

Ses deux derniers livres : 

  • Cinéma : la grande histoire du 7e art sous la direction de Laurent Delmas préface Gilles Jacob Paru le 27 septembre 2017  Editeur  Larousse  

De l'invention des frères Lumières jusqu'à nos jours, cet ouvrage propose, à travers 135 rétrospectives consacrées aux différentes facettes de l'histoire du cinéma, un panorama complet du 7e art : films, réalisateurs, acteurs, mouvements et écoles, genres, studios et producteurs.  L'iconographie d'une grande richesse (plus de 400 documents d'archives, affiches, portraits ou photos de films), un glossaire technique, les palmarès complets des festivals internationaux, les filmographies des grands réalisateurs et des acteurs majeurs, permettent de construire une véritable mémoire du cinéma du monde entier.   

Les 100 films qu'il faut avoir vus auteur et avant-propos Laurent Delmas sous la direction de Sophie Descours édition Maëva Journo iconographie Valérie Perrin Paru le 11 octobre 2017  Editeur  Larousse 

Fabuleux, cultes, magistraux... laissez-vous conter l'histoire des 100 films qui ont bouleversé l'histoire du cinéma.  Asseyez-vous confortablement et laissez défiler quelques-unes des plus belles scènes des Temps modernes, des Enfants du paradis, de la Vie est belle, de la Leçon de piano ou de 2001, l'Odyssée de l'espace...  Redécouvrez pourquoi, de Truffaut à Godard, de Visconti aux frères Coen, il y a des films, mais aussi des acteurs, actrices ou scénaristes, qui ont changé notre regard en révolutionnant un art qui ne cessera jamais de nous faire rêver. Chaque oeuvre est ici commentée, sa genèse comme son sens sont décryptés.  Offrez-vous donc des séances d'anthologie grâce à ces chefs-d'oeuvre éternels !

La programmation musicale

  • Pick up yourself  - Gregory Porter 
  • Une âme  -  M et Fatoumata Diawara 
  • Love is all Around - Wet wet wet
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