Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Francesca Piqueras et Nadir Dendoune, Dans tes rêves 2018
Francesca Piqueras et Nadir Dendoune, Dans tes rêves 2018 © Radio France / Laurence Garcia

Nadir Dendoune et Francesca Piqueras

Dans tes rêves, tu filmes ta mère dans sa cuisine avec vue sur la cité hlm, elle prépare des beignets du Maghreb qui font moins grossir que Mac Do, puisque c’est ta mère qui te le dit. 

Elle écoute une musique kabyle sur son Algérie perdue. Son regard s’embrume, alors tu la filmes de plus loin, parce que c’est ta mère. Dans sa chambre, y’a le Juste Prix à la télé, elle aime bien quand les gens gagnent parce que la vie est dure pour tous. Elle s’endort avec un nounours, c’est le veilleur de la maison et c’est ta mère qui le dit.

Dans tes rêves, tu photographies des cargos fantômes, des carcasses rouillées et abandonnés dans le cimetière de la mer, des vestiges du passé bouffés par les algues. 

Sauf que la nature ne peut pas digérer tout ce que l’homme a oublié.

Dans tes rêves, y’a le pays de ton enfance et celui de l’utopie.

Y’a pas de morale à la fin, tout est possible, tu deviens un super héros de la vraie vie.

Et si on l’écoutait un peu plus ce fameux rêveur qui sommeille en nous…

Nadir Dendoune et Francesca Piquéras, diptyque Dans tes rêves - 2018
Nadir Dendoune et Francesca Piquéras, diptyque Dans tes rêves - 2018 © Radio France / Laurence Garcia

Francesca Piqueras

Femme, artiste, aventurière, chasseuse d'épaves, Francesca Piqueras parcourt le monde pour photographier des vestiges marins abandonnés à la rouille. Ce projet artistique, qui nous parle de la société industrielle, de notre rapport conflictuel à la nature et du processus de destruction, l'a déjà amenée au Bangladesh, en Mauritanie, en Patagonie, en Écosse, au Pérou ou encore au Cap Vert. La Galerie de l'Europe et heureuse de présenter sa dernière série, réalisée sur le lac Baïkal et à Petropavlovsk, capitale du Kamtchatka, ville située à l'extrême Est de la Sibérie, où nulle route ne mène et qui n'est accessible que par air ou par mer.  Elle rapporte de ce bout du monde de fascinantes images de cargos fantômes qui sombrent lentement dans les glaces, sous les fenêtres de cités ouvrières de l'ère soviétique.

Déjà bien connu en France, le travail de la photographe franco-italo-péruvienne Francesca Piqueras a fait l'objet d'une rétrospective remarquée en Italie cet automne dans le cadre de la programmation "Art Now" du Palazzo Ducale de Massa. Un événement auquel les médias de la péninsule ont donné un écho important, notamment le Corriere della Sera , plus grand quotidien du pays.

Francesca Piqueras expose jusqu'au 9 juin 2018 à la Galerie de l’Europe (Paris) sa nouvelle série baptisée « in fine »: des images fascinantes de vaisseaux fantômes prisonniers des glaces, en Sibérie. 

Exposition « in fine » jusqu'au au 9 juin -  Galerie de l’Europe -  55 rue de Seine, Paris Le site

Nadir Dendoune

Journaliste, auteur de plusieurs livres dont Un tocard sur le toit du monde (Lattès, 2010), adapté au cinéma eu 2017 (L'Ascension,).   

Son film : Des figues en avril  en salle depuis depuis le 4 avril    

Le film « Des Figues en Avril » dessine le portrait drôle et bouleversant de Messaouda Dendoune, filmé par son fils Nadir. Au delà de la personnalité attachante, malicieuse, déterminée et passionnée de la vieille dame de 82 ans, on la découvre au quotidien dans son deux pièces de l’Ile Saint Denis, ponctué par la présence invisible de l’absent. Elle apprend désormais à vivre seule depuis que son mari Mohand, atteint de la maladie d’Alzheimer, a été placé en maison médicalisée. Messaouda, bercée par ses chanteurs kabyles emblématiques, comme Slimane Azem, raconte avec fierté, sa France des quartiers populaires et le devenir de ses enfants

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Son dernier livre : Nos rêves de pauvres  Editeur - Lattès, Paris - Paru le 15 mars 2017    

Après la publication d’Un tocard sur le toit du monde, chaque mardi pendant quatre ans, j’ai écrit la « Chronique du Tocard ». D'abord par plaisir. Puis par nécessité. Au fil des mois, l’inspiration s’est faite plus intime, les chroniques des textes écrits avec ma sueur et mes larmes, surtout quand il a fallu raconter ma famille. Cette histoire qui commence en 1950, quand mon père, gardien de chèvre kabyle, débarque seul en région parisienne, la barbe mal taillée, le ventre vide, des envies de bosser plein les mains. Qui continue lorsque ma mère le rejoint quelques années plus tard, et qu’avec cinq de mes frangines et mon frère, ils vivent dans un bidonville, un 9m2, une pièce unique pour manger, dormir et tout le reste, avant d'obtenir une place dans une cité HLM à L’Ile-Saint-Denis en 1968. Un F5 flambant neuf qui à l’époque fait leur bonheur. J’ai voulu raconter mes parents, illettrés, leur courage, eux qui ont élevé avec brio neuf mômes. Neuf Français. Ils sont ma base, ma fondation. Fin 2014, après plus de 63 ans de vie commune, ma mère a dû laisser partir mon père, atteint d’Alzheimer, dans un centre spécialisé. J’ai essayé de me mettre à sa place et d’imaginer le vide qu’elle ressent aujourd’hui. J'ai raconté le passé pour ne jamais oublier. L'histoire du clan Dendoune ne touche pas seulement dans les quartiers populaires. Pas seulement au sein des familles maghrébines. Pas seulement chez ceux qui ont décidé un jour de faire le pari de l'exil. L'histoire de la famille Dendoune, c’est aussi une histoire française.

La programmation musicale :

  • Black trombone - Serge GAINSBOURG    
  • Neighborhood  HER   
  • Langue  CAMILLE
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