Le gaullisme décrypté par deux hommes politiques issus d'un parti de droite. Ils ont accompagné le libéralisme de leurs mouvements et se réclament pourtant du "Gaullisme social". Retour sur l'origine gaulliste du principe de "participation" avec Gérald Darmanin et la force historique du général avec Bruno Le Maire.

Le gaullisme de nos jours, avec les ministres Bruno Le maire et Gérald Darmanin
Le gaullisme de nos jours, avec les ministres Bruno Le maire et Gérald Darmanin © Getty / Keystone / Intermittent

▶︎ En partenariat avec le journal La Croix

Thomas Le grand est allé à la rencontre de deux ministres de l'actuel gouvernement qui ont grandi après le général de Gaulle : Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Ils viennent tous les deux d'un parti de droite. Ils ont accompagné sans complexe le libéralisme de leurs mouvements et, pourtant, ils se réclament tous deux du "Gaullisme social". 

Gérald Darmanin a ressorti récemment l'idée gaullienne de la participation. C'est cette idée restée en l'air que nous allons explorer dans la première partie de cette émission. Elle fait partie du mythe gaullien. Peut-être est-ce aujourd'hui, un simple gadget politique ou est-ce une vraie idée d'avenir ? 

Bruno Le Maire revient quant à lui sur l'héritage politique et institutionnel du Général de Gaulle qu'il interroge au regard des enjeux de la crise actuelle. 

La "participation" : aux origines d'une notion gaulliste avec Gérald Darmanin 

Une notion que le général a élaborée dès le début de sa vie politique, pendant la guerre, en 1941, lors du discours d'Oxford prononcé en novembre 1941. Un discours important de de Gaulle parce que c'est l'un de ses rares propos idéologiques. Il y dénonce le nazisme, le totalitarisme qui veulent imposer leur tyrannie et leur uniformité inhumaine. 

La participation, elle, change la condition de l'homme au milieu de la civilisation moderne, c'est la voie que j'ai toujours cru bonne

- Le Général de Gaulle sur la notion de participation, 1969

Souvent avec De Gaulle, il s'agit de l'honneur, de la grandeur de la France. Là, il est question de valeurs et de politique. Ce discours était le discours de référence des gaullistes de gauche ou si on peut les appeler comme cela des gaullistes sociaux, parce que De Gaulle critique aussi le capitalisme

Gérald Darmanin explique combien le Général cherchait une troisième voie économique qui n'était ni le capitalisme ni le communisme. Cette troisième voie, il la voyait, selon lui, comme une association entre le capital et le travail, fruit de son catholicisme social, cette volonté de mettre l'homme et le partage en amont de son projet politique. Un gaullisme social, en somme, inscris dans l'ADN Gaulliste, qui prônait l'Association Capital/travail pour l'intérêt général mais qui ne se serait jamais vraiment concrétisé :

C'était l'un des grand marqueurs idéologiques de la pensée gaulliste qu'il n'a finalement jamais vraiment mis en place, au profit de l'évolution des Institutions 

- Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur

Lors de la fête de Jeanne d'Arc, le général De Gaulle, président de la République, rencontre Melle Deschamps, incarnant cette année-là la Pucelle d'Orléans, devant la cathédrale Sainte-Croix, Mai 1959
Lors de la fête de Jeanne d'Arc, le général De Gaulle, président de la République, rencontre Melle Deschamps, incarnant cette année-là la Pucelle d'Orléans, devant la cathédrale Sainte-Croix, Mai 1959 / Ferrari Pierre / SCA - ECPAD

Bruno Le Maire sur l'héritage historique et institutionnel du Général de Gaulle 

Le ministre de l'Économie et des Finances revient sur la force du général à inscrire son action dans le temps long, sur ses contradictions, ses folies, son incroyable adaptation au temps qui vient. Nous interrogeons la mécanique et les rouages de la Ve République au regard des enjeux de la crise actuelle et les dysfonctionnements auxquels les institutions doivent faire face aujourd'hui, notamment l'expression plus sensible des Français vers une plus grande participation. Y a-t-il une perte du sens historique sur le temps long dans la vie politique française aujourd'hui ? Qu'est-ce qui fait la différence entre le général de Gaulle et ses successeurs ? 

La force du général de Gaulle est sa capacité à jouer des circonstances, à s'inscrire toujours dans le temps long de l'histoire de France, allant d'effondrements en redressements successifs

- Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance

En Partenariat avec le journal "La Croix"

▶︎ La chronique de Thomas Legrand à retrouver sur le site du journal - (4/8)

Archives de l'émission

  • Extraits du Général de Gaulle, sur la notion de "participation", interview de Michel Droit, en 1969.
  • "Mémoires de guerre du général de Gaulle", une adaptation de Pierre Cardinal (1972), avec la voix de Jean Desailly, DVD INA.

Programmation musicale 

  1. Léo Ferré - Mon général

  2. Julien Doré - La fièvre

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