Seulement 24 degrés sur les plages cannoises, mais rien de grave ! Un Audiard tout nouveau et très chaud, un Festival qui est une tour de Babel et un Niagara pour finir.

Jacques Audiard à Cannes pour son film "Les Olympiades".
Jacques Audiard à Cannes pour son film "Les Olympiades". © AFP / CHRISTOPHE SIMON / AFP

Le nouveau film de Jacques Audiard a nettement fait monter la température au Festival de Cannes en dressant le portrait de quatre jeunes gens à la sexualité très active notamment. Avec Les Olympiades (Paris 13e), le Palmé d’Or pour Dheepan opère un tournant notable dans sa filmographie. 

Depuis sa première œuvre, Regarde les hommes tomber jusqu’aux Frères Sisters, Audiard affichait une cinématographie à la virilité disons décomplexée !  Au point de faire de certaines de ses héroïnes de véritables handicapées. On se souvient ainsi de la surdité d’Emmanuelle Devos dans Sur mes lèvres ou de l’amputation de Marion Cotillard dans De rouille et d'os

Mais le scénario de ce nouveau film en piste pour la Palme d’Or a été adapté et écrit avec Céline Sciamma et Léa Mysius, deux représentantes d’une nouvelle vague française résolument féminine et féministe. Le résultat est là : quatre destins qui se croisent, trois jeunes femmes et un jeune homme. Black, blanc, jaune, dirait-on, dans le décor très urbain du quartier chinois de Paris. Audiard le filme en noir et blanc avec une infinie tendresse. De même qu’il caresse littéralement ses personnages aidé par un casting idéal, la plus que parfaite Noémie Merlant en tête. 

De ces fragments des nouveaux discours et pratiques amoureuses, Audiard pourrait ne tirer qu’un récit opportuniste et dans l’air du temps. C’est sans compter sur son intelligence et son élégance qui rendent ce nouveau film très attachant. Audiard romantique ? Peut-être et ce nouveau film pourrait aussi s’appeler « Regarde les femmes se lever ».

Cannes, une tour de Babel ?

Longtemps, les films à Cannes représentèrent leur pays d’origine. Ce n’est plus le cas désormais. Mais l’essentiel demeure : durant quinze jours, c’est le monde entier ou presque qui s’invite sur la Croisette, nous offrant autre chose que des cartes postales. De même qu’en découvrant le nouveau film de Jacques Audiard, un touriste étranger s’apercevra de l’existence du XIIIe arrondissement et de ses tours bien différentes de celle d’Eiffel, de même nos idées reçues hexagonales sont heureusement bouleversées par l’Iran tel que nous le montre Farhadi, la Russie selon Serebrennikov ou le Tchad via le regard de Mahamat Saleh Haroun pour ne citer qu’eux. 

À titre d’exemple et pour la seule journée d’aujourd’hui, les spectateurs cannois découvriront des films, des auteurs et des réalités venus de Bulgarie, de Thaïlande, de Corée du Sud, du Maroc, d’Australie, de Belgique, du Mexique, du Japon, et j’en oublie. C’est la force de ce festival international que de rassembler ainsi les cinémas du monde entier. 

Et dire que certains affirment que le 7è Art est mort. Croyez-moi, ce prétendu cadavre bouge encore, dans tous ses états et ses éclats mondiaux.

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