Un Desplechin en très grande forme avec "Tromperie", un cinéaste russe absent de Cannes mais qui secoue la Croisette avec "La fièvre de Pietrov" et une bande annonce toute en délicatesse.

Arnaud Desplechin et Léa Seydoux, 2019
Arnaud Desplechin et Léa Seydoux, 2019 © Getty / Dominique Charriau / Contributeur

"Tromperie", le nouveau film d’Arnaud Desplechin

Et son casting plus que parfait : Léa Seydoux, Emmanuelle Devos, Anouk Grinberg. Face à ce trio féminin de choc, un Denis Podalydès en très grande forme pour son retour dans l’univers du cinéaste. En adaptant un roman de Phillip Roth, Desplechin concrétise un projet entamé avec la préparation de Comment je me suis disputé… (Ma vie sexuelle), en 1996, il y a plus de vingt ans. 

Denis Podalydès incarne Philip, un écrivain américain exilé à Londres que sa maîtresse jouée par Léa Seydoux vient régulièrement rejoindre dans son bureau. Les joutes physiques succèdent aux joutes verbales. Les deux amants se livrent à un véritable festin de paroles où se croisent les conversations les plus intimes comme les plus sensibles. Depuis la littérature jusqu’à l’antisémitisme en passant par le sexe ou la fidélité à soi-même, il n’y a pas de sujet tabou. Ce qui pourrait n’être qu’une énième variation boulevardière sur le thème de l’adultère devient ici la mise à plat brillante de la vie d’un homme aux multiples masques et faux semblants. 

Le bureau de cet écrivain à lui seul est le théâtre de son existence et Desplechin déploie des trésors de mise en scène pour y faire vivre ces dialogues. La « tromperie » du titre doit s’entendre aussi à propos de l’art en général et du cinéma en particulier : le cinéaste prend à malin plaisir à jouer avec l’illusion du cinéma. Le tout passe par un quatuor d’acteurs époustouflants. Le film n’étant pas, hélas, en compétition, il ne menace personne dans la course à la Palme et aux prix d’interprétation. Et il faudra attendre le 8 décembre prochain pour sa sortie en salles. Patience donc, mais elle sera récompensée !

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"La fièvre de Petrov" de Kirill Serebrennikov

Lui, en revanche, vise la Palme d’Or… C’est le nouveau film du cinéaste russe qui avait enchanté Cannes en 2018 avec "Leto", un film très musical et très nostalgique. Cette fois, il revient avec un nouveau film qui a secoué les festivaliers par son propos acide sur la Russie d’aujourd’hui servi par une mise en scène qui elle aussi a la fièvre. 

Résultat, un véritable brûlot contre une société décrite comme ultra-violente, antisémite, xénophobe, sans repère et comme livrée à elle-même. Le spectateur est ainsi plongé dans une bouleversante descente aux enfers qui se déroule à la veille d’une nouvelle année, alors que sévit une épidémie de grippe. Serebrennikov n’a pas été autorisé à quitte la Russie pour venir à Cannes et présenter ce fascinant cauchemar éveillé. Une violence de plus pour ce film dont l’apothéose finale semble illustrer les mots de Louis Aragon : 

C’était un temps déraisonnable. On avait mis les morts à table

- Extrait du poème "Est-ce ainsi que les hommes vivent"

Quel est l’air de Cannes aujourd’hui ?

Chaque année, la Quinzaine des Réalisateurs nous régale de sa bande annonce. C’est un merveilleux montage d’images fixes, ou pas, qui mêlent les films et leur cinéaste. Olivier Jahan en est l’auteur, le tout sur une élégante musique de Cyrill Moisson. Vous pouvez l’apprécier via internet.

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