Dernière météo cannoise de ce 74e Festival de Cannes. Les Intranquilles de Joachim Lafosse ne laisse pas indifférent en cette veille de remise de la Palme d'Or.

Le cinéaste belge Joachim Lafosse
Le cinéaste belge Joachim Lafosse © AFP / BERTRAND GUAY

Côté Festival, c’est avis de tempête cinématographique ce dont aucun festivalier ne peut se plaindre. 

Avec Les Intranquilles, le talentueux cinéaste belge Joachim Lafosse entre pour la première fois dans le cercle très fermé de la compétition. Depuis Elève libre et À perdre la raison notamment, on sait combien cet auteur est doué pour transcrire des situations tendues, critiques et sur le fil.

Ce film en est une nouvelle et éclatante illustration avec le portrait d’un artiste peintre, mari et père de famille plongé au quotidien dans les affres de sa bipolarité tumultueuse. Librement inspiré du livre autobiographique de Gérard Garouste et des souvenirs familiaux personnels du cinéaste lui-même, Les Intranquilles séduit d’entrée de jeu par la fièvre qui s’en dégage, transcription cinématographique idéale d’un état psychique aux multiples et surprenantes manifestations. Face à sa femme et à son jeune fils, le héros du film traverse toutes les phases d’une maladie qui s’en prend tout simplement à son être. 

Au plus près de ses personnages comme l’aurait fait un Pialat à qui l’on songe souvent, Joachim Lafosse saisit chaque moment, chaque instant de crise, de bonheur, de répit ou de violence avec la même attention, la même disponibilité et la même sensibilité. 

Pour parvenir à ses fins, il lui fallait un casting capable de tutoyer les abysses. Et c’est bien le cas avec Leïla Bekhti et Damien Bonnard, tous deux exceptionnels. Sans oublier le petit garçon qu’incarne à la perfection Gabriel Merz Chammah. Ce portrait d’un artiste en flamme qui clôt ou presque le festival s’impose comme une ultime incandescence avant le palmarès de demain.

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Le grand cinéaste italien Marco Bellochio recevra par ailleurs demain soir lors de la cérémonie de clôture une Palme d’Or. Depuis les années 60 et son film Les poings dans les proches, il est l’une des figures marquantes du cinéma italien. Un hommage cannois d’autant plus mérité et essentiel qu’il s’agit de rattraper une injustice majeure :Bellochio souvent présent en compétition n’a obtenu aucun prix à ce jour. On découvrira également aujourd’hui et hors compétition son nouveau film, un documentaire intitulé Marx ne peut plus attendre et consacré à son frère jumeau qui s’est suicidé en 1968.

Et on finit en musique. Retour aux Intranquilles le beau film de Joachim Lafosse en chanson avec ce superbe titre de Jean Ferrat, Mes amours, qu’on entend dans une scène de bonheur familial.

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