Alors que la 46ème édition du Festival du cinéma américain de Deauville s'est ouverte hier, Laurent Delmas revient sur la place de la ville normande dans le cinéma.

Nous irons à Deauville de Francis Rigaut

Le film débute sur une dispute entre deux automobilistes pressés de découvrir leur location deauvillaise. Louis de Funès, vous l'avez dit versus Michel Serrault, duel au sommet. Sur l'affiche du film, on peut lire "Voir Deauville et Mourir de rire". Mais personnellement, je suis toujours en vie. Seulement voilà, dans ce Deauville littéralement pris d'assaut par des vacanciers en folie, on croise, outre les deux susnommés, Claude Brasseur, Pascal Roberts, Carmet, Galabru, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Bref, la fine fleur des seconds rôles du cinéma français de l'époque. Et ça, c'est vraiment épatant. Sans oublier que la musique est signée par Ray Ventura et que son neveu, un certain Distel Sacha y pousse la chansonnette aux petits oignons. 

Dans un tout autre registre, on évolue cette fois dans le sublime avec un autre film en partie tourné à Deauville. Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville. Ici, c'est le casino de Deauville qui est au centre des images filmées sous tous ses angles afin de préparer un braquage qui chut je.ne vous en dit pas plus. C'est le crépuscule d'une vie qui se joue au petit matin, comme maintenant à la sortie du casino. 

Et sinon, sinon, Guitry et son film Désiré, Vadim et ses Liaisons dangereuses, Resnais et son Stavisky ou bien encore Lautner et Une femme peut en cacher une autre. On n'en finirait pas de faire le tour des films qui ont été tournés à Deauville ou juste à côté, car la voisine trouvillaise n'est évidemment pas en reste, avec l'ombre d'abord, de Marguerite Duras, notamment. Et c'est par ailleurs à la gare de Trouville/Deauville que débarque un soir de pluie le nommé Gabriel Fouquet, alias Jean-Paul Belmondo, avant de rejoindre Tigreville, alias Villers sur Mer, où vit Jean Gabin. Un singe en hiver d'Henri Verneuil peut alors commencer et monter en degré alcoolique.

Impossible, je le sais bien, de quitter Deauville sans évoquer un film. Le film Deauvillais par excellence. Celui qui, comme un mantra local, le temps d'un jumelage entre Cannes et Deauville, en 1966. Un homme Trintignant, une femme Anouk Aimée. Un cinéaste Claude Lelouch. Je vous entends réclamer la chanson composée par Francis Lai.

Bon, d'accord. Mais ce matin, c'est Ella qui la chante. Ella chante Lai. Ça sonne comme du Trenet.

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