Un mot dans l'actualité qui a inspiré le cinéma

Extrait du film Assassins et voleurs (1957) de Sacha Guitry.

Un extrait d'un film du divin Guitry. Pas son plus connu, peut être, mais une vraie perle pour autant. On y retrouve donc notamment Darry Cawl, le temps de cette scène absolument hilarante où le témoin finit par rendre fou le président du tribunal

Pas étonnant que Guitry, le dramaturge, fasse ainsi appel au décor d'un tribunal, rôles définis à l'avance. Dialogues, répliques, costumes, temporalités, suspens, vérités, mensonges et spectateurs dans un prétoire. On est aussi, et peut être d'abord au théâtre. Et c'est d'ailleurs un véritable genre à part entière au cinéma. On parle d'un film de procès comme on parle d'un péplum ou d'un film catastrophe. Pas une cinématographie dans le monde qui n'échappe à cette fascination pour ce moment dédié à l'art oratoire et au scénario à rebondissements multiples. 

Je suis bien certain que vous avez en tête la vibrante figure de Henry Fonda qui, dans Douze hommes en colère de Sidney Lumet, campe un juré bien décidé à convaincre ses petits camarades de ne pas recourir à la peine de mort

A l'opposé de cette vertueuse figure, on retrouve dans le septième juré le film trop méconnu de Georges Lautner, un Bernard Blier qui était à la fois, tenez vous bien juré et ô combien partie prenante. 

Et que dire de cette incroyable propension du cinéma à refaire régulièrement sur grand écran les procès historiques dont chacun connaît le dénouement, tragique ou non, de Jeanne d'Arc à Dreyfuss en passant par Landru, Petiot et tant d'autres? On connaît la fin. Peu importe, ce qui compte ici, c'est de voir et revoir l'implacable machine judiciaire au travail avec son cortège d'erreurs, de triomphe de la vérité, de demi teintes et autres acquittements polémique. 

Alors, si les prétoires, imaginaires ou non, ont littéralement envahi le cinéma depuis 1895, c'est qu'ils sont l'exact reflet d'un pur spectacle. Le talentueux cinéaste italien Marco Bellocchio ne s'y est pas trompé quand, dans son dernier film en date, Le traître, il nous donne à voir et à entendre l'un de ces fameux procès. Vous savez, repentis et mafieux s'y combattent exactement comme dans un opéra. A telle enseigne que la bande son ne peut être que du Verdi extrait de Nabucco. 

Je ne sais si, cet été, comme moi, vous avez dévoré la série de six double pages que le quotidien Le Monde a consacrées à l'affaire Gabriel Russier, sous la plume ô combien inspiré de sa chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard et de son confrère Joseph Beauregard. Un modèle du genre pour raconter notamment ce procès qui brisa littéralement cette prof de lettres victime d'une morale aveugle. Il en résulta un film qui connut un succès immense à l'époque, sans être cependant un chef d'œuvre. Il faut bien le dire. On peut même même lui préférer la chanson homonyme qu'Aznavour écrivit pour le film Mourir d'aimer

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(Ré)écouter Delmas fait son cinéma
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