Le mot du jour qui peut faire sourire mais, deux jours après la Journée mondiale des toilettes, en quelques clics on comprend bien vite le problème sanitaire et médical que pose l’absence de toilettes dans de nombreuses régions du monde.

"Le Charme discret de la bourgeoisie" de  Luis Buñuel avec Delphine Seyrig, Jean-Pierre Cassel, Paul Frankeur et Stéphane Audran.
"Le Charme discret de la bourgeoisie" de Luis Buñuel avec Delphine Seyrig, Jean-Pierre Cassel, Paul Frankeur et Stéphane Audran. © Getty / Sunset Boulevard

Moi, ça m'a fait sourire, mais en quelques clics, on comprend bien vite le problème sanitaire et médical que pose l'absence de toilettes. Ça n'a rien de drôle. Dans de nombreuses régions du monde. Soyons francs, ce n'est pas vraiment le souci du cinéma, mais on s'aperçoit bien vite, malgré tout, que ces lieux d'aisance semblent fasciner nombre de cinéastes à travers le monde entier

Si j'ai choisi de commencer sa chronique avec le filmeur qu'est Alain Cavalier et un extrait de son film Lieux saints, c'est parce que celui-ci prouve avec brio que tout peut être montré et analysé avec une petite caméra au poing. Avec Cavalier, le petit coin devient un objet de cinéma comme un autre. Et dans une approche que n'aurait pas renié Francis Ponge et son Parti pris des choses ou Georges Perec et sa Vie, mode d'emploi qui glissent insensiblement vers la nostalgie que fait naître tout lieu jadis fréquenté par des êtres chers. Chez Cavalier, les toilettes ont une âme. Alors pour en faire l'expérience salutaire, connectez-vous sur Universciné où l'on trouve ce court-métrage.

Du côté de la fiction, mes approches sont assurément plus triviales ou détonantes. Dans les toilettes de train, on tue allègrement et en toute tranquillité, si l'on en croit Wim Wenders et son vénéneux L'Ami américain. Dans celles, écossaises, du film de Danny Boyle, Trainspotting, s'avère un gouffre dans lequel le héros est littéralement aspiré dans une scène devenue culte. Quant à Jean-Claude Carrière et Luis Buñuel, avec Le fantôme de la liberté, il invente des sièges wc pour un dîner entre amis. La métaphore n'a nul besoin de commentaires. C'est bien la société d'hyperconsommation que vise le dynamiteur Buñuel. 

Effectivement, chez Tavernier et son Coup de torchon, le rire autour de la construction des toilettes publiques se fait l'écho de pratiques coloniales peu reluisantes. 

Qu'un lieu aussi caché et intime, la plupart du temps, soit aussi présent au cinéma montre bien la volonté de ce dernier de pousser toutes les portes. 

Mais le mot de la fin revient au premier film de l'impertinent Pascal Thomas et son eau de toilettes en plein air, façon retour aux sources bucoliques, dont le chaud lapin, tout d'abord, Bernard Ménez est piégé par des garnements, il cherche en vain ce qu'il vient très naturellement de déposer au sol, dans le toujours jubilatoire Pleure pas la bouche pleine, le père de famille Jean Carmet pisse chaque soir au seuil de sa maison et face aux siens outrés, se justifie ainsi "Je pisse où je veux et quand je veux. Le soir, c'est ici la maison dans le dos, les étoiles sur la tête et la fraîcheur devant".

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