Nathalie George est issue de la bourgeoisie aisée du XVIème arr. de Paris. Elle a travaillé pour de prestigieuses maisons de couture et de design, mais d'importants problèmes financiers l'ont conduite dans une chambre de bonne au 6ème étage. Son amour de la cuisine et du partage lui ont permis de "ne pas glisser".

 Nathalie George, dans le couloir du 6ème étage où elle vit depuis 15 ans. Elle habite deux chambres de bonne de 6,5 mètres carrez et cuisine dans le couloir. Au fond, la batterie de cuisine.
Nathalie George, dans le couloir du 6ème étage où elle vit depuis 15 ans. Elle habite deux chambres de bonne de 6,5 mètres carrez et cuisine dans le couloir. Au fond, la batterie de cuisine. © Radio France / Charlotte Perry

Le 6ème étage, c'est un autre monde : on y accède par l'escalier de service et dans les chambres de bonne, il n'y a ni cuisine, ni salle de bain, et les toilettes sont sur le palier. Un monde à part, que Nathalie George a découvert il y a quinze ans, lorsque d'importants problèmes financiers l'ont obligée à quitter la maison qu'elle habitait alors. Depuis, elle vit dans deux petites chambres de 6,5 mètres carrés, et a investi une partie du couloir pour cuisiner. Cet amour de la cuisine et des belles réceptions, c'est sa grand-mère, Gigi, qui lui a transmis. Et au fil des années passées au 6ème, Nathalie s'est aperçue que la cuisine était une "voie royale" pour continuer à entretenir des liens avec des humains. Si elle ne fréquente plus vraiment ses amis et connaissances d'autrefois, elle prend plaisir à cuisiner pour ses voisins de palier, pour la plupart des étudiants.

On ne cuisine pas du tout de la même manière au 6ème étage. On ne dit pas "je fais un bœuf bourguignon ou un lapin chasseur", on dit "je fais des patates avec quoi, je fais un chou avec quoi, je fais des œufs avec quoi". C'est un autre monde. Le 6ème impose sa loi.

Nathalie George, dans la chambre de bonne qui lui sert de bureau et de pièce de réception lorsqu'elle organise les "dîners du 6ème étage". (Septembre 2020)
Nathalie George, dans la chambre de bonne qui lui sert de bureau et de pièce de réception lorsqu'elle organise les "dîners du 6ème étage". (Septembre 2020) © Radio France / Charlotte Perry

Il y a les soupes du quotidien, que les étudiants viennent chercher dans le couloir, le bol à la main, et mangent dans leur chambre. Et il y a les dîners des grandes occasions, lorsque l'on fête la Saint-Nicolas, un anniversaire ou les Rois. Chacun participe et un dîner "royal" au 6ème revient à environ 10 euros par personne. La batterie de cuisine, réduite à son strict minimum, est entreposée dans le couloir et la plaque chauffante posée à même le sol. Les assiettes de présentation sont en porcelaine, mais on y superpose des assiettes en carton, car au 6ème, il est impossible de faire beaucoup de vaisselle dans le petit lavabo. Par contre, on mange avec de vrais couverts et on boit dans de vrais verres, parce qu'il est important de garder un certain savoir-vivre.  

Il n'y a pas de cuisine au 6ème étage. Nathalie pose le réchaud à même le sol, et le branche dans sa chambre pour cuisiner
Il n'y a pas de cuisine au 6ème étage. Nathalie pose le réchaud à même le sol, et le branche dans sa chambre pour cuisiner © Radio France / Charlotte Perry

Et sous les toits de Paris, avec la vue sur le ciel et sur la Tour Eiffel, Nathalie George se sent libre, entourée de ses voisins et de son réchaud. 

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