A 49 ans, Patricia a décidé de tout lâcher pour s'occuper de son père, Michel, atteint de la maladie d'Alzheimer. Elle a quitté son travail d'architecte d'intérieur dans une grande agence parisienne, pour s'installer dans le Perche avec lui. Et depuis trois ans, tous les trois filent des jours heureux là-bas.

Depuis trois ans, Patricia s'occupe de son papa, Michel, atteint de la maladie d'Alzheimer. Tous les trois filent des jours heureux dans le Perche.
Depuis trois ans, Patricia s'occupe de son papa, Michel, atteint de la maladie d'Alzheimer. Tous les trois filent des jours heureux dans le Perche. © Radio France / Charlotte Perry

C'était le 30 octobre 2017. Patricia se souvient comme si c'était hier du jour où elle est allé chercher son père, Michel, à 700 km de son lieu de résidence, dans la petite unité de vie où il vivait à Bourg-en-Bresse, et qui ne pouvait plus le prendre en charge à cause de la maladie d'Alzheimer qui lui rongeait de plus en plus les neurones. Réputé agressif, en proie à de violentes crises d'angoisse, en particulier à la tombée de la nuit, la partie était loin d'être gagnée. Car de nombreux aidants tombent eux-mêmes en dépression lorsqu'ils accueillent chez eux l'un de leur proche atteint de cette maladie, qui touche 1,2 millions de Français, avec 225 000 nouveaux cas détectés chaque année.  

A 87 ans Michel est atteint de la maladie d'Alzheimer. Auparavant, il vivait dans une petite unité de vie à Bourg-en-Bresse, qui ne pouvait plus le prendre en charge.
A 87 ans Michel est atteint de la maladie d'Alzheimer. Auparavant, il vivait dans une petite unité de vie à Bourg-en-Bresse, qui ne pouvait plus le prendre en charge. © Radio France / Charlotte Perry

Il est arrivé dans ma vie comme un tsunami, comme un obus. Il a tout explosé. Au début, il a fallu tenir debout, simplement tenir debout.

A force de patience et d'observation, Patricia a trouvé des astuces pour le calmer : ne jamais le contrarier, ne pas s'opposer, valider tout ce que Michel dit. Et pour cela, elle n'hésite pas à lui mentir sans vergogne. Des mensonges qu'il oublie aussitôt, mais qui le rassurent et l'apaisent. 

Sans se sacrifier, ni renoncer à sa vie sociale, Patricia s'occupe de son père au quotidien. Petit à petit, elle a trouvé des astuces pour calmer ses angoisses , l'apaiser, sans avoir recours au médicaments.
Sans se sacrifier, ni renoncer à sa vie sociale, Patricia s'occupe de son père au quotidien. Petit à petit, elle a trouvé des astuces pour calmer ses angoisses , l'apaiser, sans avoir recours au médicaments. © Radio France / Charlotte Perry

Petit à petit, ils se sont construits une vie où ils sont heureux tous les trois - Michel, Alzheimer et Patricia. Une vie où Patricia ne cherche pas à combattre la maladie, mais l'accepte, s'en joue, et entre volontiers dans les délires psychiques de son père. Une vie où la voiture est garée en haut de l'escalier, où c'est le lit qui va le ramener chez lui. Une vie où il n'y a ni Covid, ni défunts, où les morts sont partis en vacances, tout simplement. 

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