Tous les samedis à 23h35, portraits sensibles de citoyens engagés, histoires extraordinaires de héros ordinaires. Huit minutes de tranches de vies réelles pour raconter la grandeur et la décadence de notre époque. Aujourd'hui épisode 2: Inès, infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière

Inès, infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris (Xème) pendant la manifestation du 9 mai 2019.
Inès, infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris (Xème) pendant la manifestation du 9 mai 2019. © Sébastien Dbs

Depuis le 18 mars 2019, un mouvement de grève inédit touche les services d'urgence de France. Parti de l'hôpital Saint-Antoine à Paris, la grève s'est étendue à toutes les urgences de l'AP-HP pour gagner celles de province au cours de l'été. Ce sont aujourd'hui près de la moitié des services qui sont mobilisés, soit environ 200.

Inès est infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris (Xème). C'est l'un des plus gros service d'urgence de France, où se concentre toute la détresse sociale et où échouent les plus précaires à mesure que l'Etat se désengage et que les structures d'accueil ferment des lits. Travailleurs pauvres, SDF, mineurs isolés étrangers, personnes âgées séniles, psychotiques en errance atterrissent aux urgences, à défaut d'endroits adaptés.  

Portrait d'Inès, infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris (Xème).
Portrait d'Inès, infirmière de nuit aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris (Xème). / Julien Baguette

Au milieu de cette cour des miracle des temps modernes, les patients attendent parfois jusqu'à dix heures pour être pris en charge. La tension monte vite et les actes de violence à l'encontre du personnel soignant sont fréquents.  

Le 15 décembre 2018, une dame est décédée sur un brancard dans la salle d'attente de l’hôpital, sans que personne ne s'en rende compte. Une claque pour toute l'équipe de nuit, pourtant réputée solide. Inès, elle, a l'impression de perdre des "fragments d'humanité" à mesure que les conditions de travail se dégradent et que son travail l'éloigne de plus en plus de ses valeurs.

Le 2 juillet dernier, une dizaine de membre du collectif Inter-Urgence, dont Inès, a décidé de mener une action coup de poing en s'injectant de l'insuline sous les fenêtres du ministère de la santé pour faire réagir le gouvernement. Préférant mettre leur vie en danger aujourd'hui plutôt que celle de leurs patients demain.

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