Deuxième épisode de notre rencontre avec Bernard Thillard, cet éleveur de 71 ans dont le troupeau a été abattu car l'une des bêtes était contaminée par la tuberculose bovine. Le 31 mars dernier, les camions sont venus chercher son cheptel, laissant l'éleveur anéanti. Mais malgré la douleur, Bernard veut repartir.

 Bernard Thillard, chez lui, à Deviat (Sud-Charente). A 71 ans, Bernard doit subir pour la deuxième fois en sept ans un abattage total de son troupeau car l'une de ses bêtes est contaminée par la tuberculose. Malgré cela il souhaite repartir.
Bernard Thillard, chez lui, à Deviat (Sud-Charente). A 71 ans, Bernard doit subir pour la deuxième fois en sept ans un abattage total de son troupeau car l'une de ses bêtes est contaminée par la tuberculose. Malgré cela il souhaite repartir. © Radio France / Charlotte Perry

L'aube ne s'est pas encore levée en ce matin du 31 mars, que Bernard Thillard est déjà en train de boire le café avec le jeune homme du service de remplacement de Charente, venu l'aider à charger les vingt génisses, veaux et vaches restants, pour leur dernier voyage. Le reste de son troupeau de 51 vaches laitières est déjà parti, et bientôt les étables seront vides.

AU matin du 31 mars, les dernières vaches de Bernard quittent l'étable pour leur dernier voyage.
AU matin du 31 mars, les dernières vaches de Bernard quittent l'étable pour leur dernier voyage. © Radio France / Charlotte Perry

Dans quelques heures, le camion sera en route pour l'abattoir de Limoge, où les bêtes finiront leurs jours. Et bien qu'aucune d'entre elles n'est été testée positive à la tuberculose, et qu'elles ne partagent pas le même bâtiment que la vache contaminée, la loi exige que tout le troupeau soit abattu. Bien des éleveurs ne se remettent pas d'un abattage tuberculose et arrêtent. D'autres, dans un geste désespéré, sortent avec le fusil, et finissent à l'H.P. Mais malgré son âge, et l'heure de la retraite qui a largement sonné, Bernard, lui, veut continuer. 

Bernard Thillard, Déviat (16). Mars 2021
Bernard Thillard, Déviat (16). Mars 2021 © Radio France / Charlotte Perry

Je ne me sens pas encore prêt pour la retraite, tant que je pourrais repousser, je le ferais. D'abord parce que la retraite des petits agriculteurs n'est pas trop attrayante, et puis il faudrait vendre. Il y a des gros agriculteurs qui sont prêts à acheter, qui n'attendent que ça. Evidement, pour moi ce serait une autre manière de vivre parce que  je pourrais partir avec une somme assez importante. Et bien, ça ne m'intéresse pas. Qu'est-ce que j'en ferais de cet argent? Je veux m'occuper de mes vaches, et puis c'est tout! 

Une fois la période de vide sanitaire passée, Bernard Thillard espère donc reprendre un petit troupeau et recommencer. Une force de caractère qu'il dit tirer de son travail auprès de ses bêtes, "une sacrée thérapie".    

Bernard Thillard ne vit que pour cela: prendre soin de ses bêtes, et travailler sur sa ferme. Sans enfants, ni compagne, il n'envisage pas d'arrêter malgré le sort qui semble s'acharner.
Bernard Thillard ne vit que pour cela: prendre soin de ses bêtes, et travailler sur sa ferme. Sans enfants, ni compagne, il n'envisage pas d'arrêter malgré le sort qui semble s'acharner. © Radio France / Charlotte Perry

A (ré)écouter:

Bernard Thillard, l'adieu aux vaches. Ep01: Que l'une soit frappée, et toutes seront condamnées.

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