Atteinte d'une maladie génétique - la craniosténose -, Aurélia a obtenu son bac avec mention à 18 ans malgré les trois lourdes opérations qu'elle a subies. Elle a suivi sa voie sans relâche, mais son avenir est aujourd'hui en suspens, faute d'employeur pour une alternance dans le commerce.

Aurélia, chez elle, à Flixecourt. Faute d'employeur, Aurélia ne peut pour le moment pas poursuivre son BTS en alternance dans le commerce. Tous ses projets d'avenir sont mis en suspens. (Octobre 2020)
Aurélia, chez elle, à Flixecourt. Faute d'employeur, Aurélia ne peut pour le moment pas poursuivre son BTS en alternance dans le commerce. Tous ses projets d'avenir sont mis en suspens. (Octobre 2020) © Radio France / Charlotte Perry

A 18 ans, Aurélia habite chez ses parents à Flixecourt, une petite commune de la Somme à mi-chemin entre Amiens et Abbeville. Sa maman, Christel, a été obligée d'arrêter de travailler lorsque Aurélia est née parce qu'après sa première opération, ni les crèches, ni les assistantes maternelles ne voulaient prendre la petite. Par la suite, Aurélia a subi deux autres opérations, à 12 et 16 ans. Vers l'âge de quinze ans, elle a progressivement perdu l'audition, jusqu'à devenir pratiquement sourde. Si elle est aujourd'hui appareillée, il aura fallu attendre un an et demi pour que les médecins comprennent qu'il s'agissait d'un problème à l'oreille interne, lié à sa maladie génétique. Cela n'a pas empêché Aurélia de poursuivre sa scolarité, en apprenant à lire sur les lèvres de ses professeurs, toute seule. Et elle a obtenu son bac haut la main, avec mention.  

Les médecins nous avaient prévenus, ils nous avaient dit "Vous savez, un enfant qui subit une intervention aussi importante aussi jeune, il a une force de combativité phénoménale." Et ça s'est vérifié pour Aurélia. Christel, maman d'Aurélia

Aurélia, et sa maman Christel. Aurélia n'a jamais voulu parler à ses parents des problèmes qu'elle rencontrait. Ni de la surdité qui la gagnait, ni des railleries des autres élèves. Elle s'est forgé une carapace pour continuer à avancer toute seule.
Aurélia, et sa maman Christel. Aurélia n'a jamais voulu parler à ses parents des problèmes qu'elle rencontrait. Ni de la surdité qui la gagnait, ni des railleries des autres élèves. Elle s'est forgé une carapace pour continuer à avancer toute seule. © Radio France / Charlotte Perry

Si la maladie elle-même et les opérations, n'ont pas empêché Aurélia de poursuivre ses études, elle a en revanche énormément souffert des moqueries des autres élèves. Elle s'est donc construit une carapace, et a continué à avancer coûte que coûte, pour poursuivre son but: travailler dans le commerce international, notamment avec l'Espagne.  Elle n'a jamais voulu remplir le dossier pour être reconnue travailleur handicapé ou bénéficier d'une allocation Adulte Handicapé, non plus.

En fait, je n'ai pas envie d'avoir le nom "handicap" juste pour être embauchée. Je veux être embauchée pour mes compétences tout simplement. D'un côté je me dit que si j'y arrive, je pourrai ensuite montrer aux gens que malgré les étapes de la vie, on peut toujours y arriver si on s'en donne la peine. 

Mais aujourd'hui, Aurélia est confrontée à un problème de taille: étant donné la situation sanitaire, elle ne trouve pas de patron dans sa région pour poursuivre son BTS en alternance dans le commerce, à la Maison familiale Rurale de Flixecourt où elle est inscrite. Et si elle ne trouve pas d'ici le mois de décembre, elle sera obligée de repousser ses études. Pourtant Aurélia ne rêve que d'une chose: poursuivre son BTS, commencer à travailler pour percevoir un petit salaire et prendre son envol. 

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