Nadège a deux enfants qu'elle élève seule. L'aîné, Joseph, est en proie à de grandes souffrances qui le conduisent régulièrement à l'hôpital psychiatrique de son secteur, Maison Blanche Avron (Paris XXème). Un hôpital psychiatrique où les dealers ont quartier libre, où le trafic de drogue met le soin en péril.

Nadège, à Paris
Nadège, à Paris © Radio France / Charlotte Perry

Par deux fois au moins, Joseph est ressorti très esquinté de l'hôpital psychiatrique - et même plus dégradé qu'il n'y était entré - parce qu'il y avait consommé des stupéfiants. Par deux fois également, Joseph a été enfermé à double tour dans sa chambre (sans injonction thérapeutique) pour qu'il n'aille pas consommer de la drogue. Car à l'hôpital psychiatrique Maison Blanche Avron dans le XXème arrondissement de Paris, comme dans d'autres hôpitaux psychiatriques, le deal est monnaie courante et il n'est pas rare de rencontrer des jeunes fumer des pipes à crack dans la cour. Une situation qui met Nadège hors d'elle. Elle a écrit des dizaines de courriers à la direction de l'hôpital, à l'Agence Régionale de Santé, à la Ministre de la Santé, au Président de la République, sans que rien ne change. Elle en vient à penser que les pouvoirs publics se fichent complètement de l'avenir de ces jeunes des quartiers populaires. 

Car le problème, ce n'est pas que le trafic de drogue. Il y a aussi ce mépris, le manque d'activité, les refus d'admission quand parfois Joseph est volontaire pour se faire soigner. Des refus qui le conduisent, in fine, dans la rue où il erre parfois plusieurs mois, jusqu'à ce qu'il finisse hospitalisé, sous contrainte, cette fois. Mais comment accepter les soins, si à chaque fois ils sont contraints? 

Joseph et son petit frère
Joseph et son petit frère © Radio France / Charlotte Perry

Nadège a bien essayé de demander à ce que Joseph fréquente un autre hôpital psychiatrique, dans un quartier un peu moins mal famé. Mais le soin psychiatrique est sectorisé. Tout comme la fracture sociale, qui ne cesse de se creuser.

Aujourd'hui, Joseph va mieux. Suite à un épisode d'errance qui l’a conduit jusqu’à Montpellier, il a été hospitalisé à La Colombière, où il a bénéficié d'un traitement adapté. Il adhère désormais aux soins, s'est stabilisé et n'a pas rechuté depuis.

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