A 54 ans, Valérie habite dans un cabanon abandonné au milieu de la forêt. Elle qui a passé sa vie à travailler pour les autres veut désormais se réapproprier le fruit de son labeur. Récit d'une vie d'ouvrière, des champs de son enfance en Normandie jusqu'à une fonderie d'art à Pantin.

Le deuxième cabanon que Valérie rénove au milieu de la forêt. Carcès (83)
Le deuxième cabanon que Valérie rénove au milieu de la forêt. Carcès (83) © Radio France / Charlotte Perry

Deuxième volet du récit de la vie de Valérie, dans lequel elle raconte son rapport au travail. Toute sa vie, Valérie a bossé dur. Une vie d'ouvrière qui a débuté dès ses 9 ans, quand elle récoltait les pommes et gardait les moutons dans les champs en échange de quelques bouteilles de cidre ou d'un cochon de lait. Elle a quitté l'école sans savoir lire ni écrire, mais a réussi à devenir la première femme diplômée des compagnons du bâtiment, en électricité. 

L'école ne m'intéressait pas, tout simplement. Je passais mon temps à construire des cabanes dans la forêt et je cassais la gueule au premier qui disait où j'étais ... Mais j’ai une logique visuelle, tu me montres une fois, deux fois, trois fois, et j'ai compris.

Valérie, dans le deuxième cabanon qu'elle rénove pour y habiter, au milieu de la forêt.
Valérie, dans le deuxième cabanon qu'elle rénove pour y habiter, au milieu de la forêt. © Radio France / Charlotte Perry

Par la suite, elle exerce divers petits boulots, puis découvre la fonderie d'art, chez Chapon, à Pantin (93). Un métier qui la passionne, et pour lequel elle se serait "donnée corps et âme". Elle se forme à Carcès, dans le Var, obtient son diplôme de fondeuse d'art, mais son patron refuse de la rémunérer à la hauteur des compétences qu'elle a acquises. Elle sera licenciée au bout de quinze ans dans l'entreprise pour faute professionnelle, suite à un accès de colère monumental.  

Construits à l'époque napoléonienne, ces cabanons sont pour la plupart abandonnés par leur propriétaires. Valérie a refait le toît, remonté la cheminée, et ramené un lavabo et un sabot pour y vivre.
Construits à l'époque napoléonienne, ces cabanons sont pour la plupart abandonnés par leur propriétaires. Valérie a refait le toît, remonté la cheminée, et ramené un lavabo et un sabot pour y vivre. © Radio France / Charlotte Perry

Blessée dans sa fierté, Valerie tombe alors dans l'alcool et se retrouve à la rue, après la perte de son emploi. Jusqu'au jour où elle se retrouve inconsciente sur un trottoir de Paris. Un déclic qui la fera arrêter de boire du jour au lendemain. Elle décide alors de prendre la route et de sillonner la France en auto-stop. 

Maintenant, je me demande si je dois travailler pour un patron. J'aimerai travailler en fonderie d'art, mais sans qu'on m'embauche. Je ne veux être à l'appartenance de personne. Plus jamais je ne me laisserai commander, où on me prend tout mon argent et on me laisse un reste. Je préfère vivre dans la misère que vivre pour ce salaire de misère. Avec ce que je sais faire, je le fais de mon côté, mais tout ça ça sera fini.

Valérie, forêt de Carcès (Août 2020)
Valérie, forêt de Carcès (Août 2020) © Radio France / Charlotte Perry

Deuxième épisode d'une série de trois reportage sur "Les Vies de Valérie"

Pour écrire à Valérie, ou contacter l'émission, c'est par là: charlotte.perry@radiofrance.com 

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