Le 8 septembre 2016, Jean-René Auffray est retrouvé mort dans une vasière envahie d'algues vertes à l'embouchure du Gouessant (Côtes d'Armor). Trois ans après les faits, sa famille a décidé de saisir la justice pour faire reconnaître la responsabilité des pouvoirs publics.

Yann Auffray
Yann Auffray © Radio France / Charlotte Perry

La piste des algues vertes a-t-elle été délibérément écartée lors du décès brutal de Jean-René Auffray ? Pourquoi une autopsie n'a-t-elle pas été pratiquée, alors que le médecin qui a constaté le décès avait émis un obstacle à l'inhumation ? D'autant que 5 ans auparavant, à l'été 2011, 36 sangliers avaient déjà péri dans cette vasière et que, suite à cette hécatombe, la préfecture avait classé l'endroit parmi les sites les plus dangereux de Côtes d'Armor. Beaucoup de questions qui trouveront peut-être une réponse lors du procès qui aura lieu en juillet 2020 au Tribunal administratif de Rennes.

Vasière, estuaire du Gouessant.
Vasière, estuaire du Gouessant. © Radio France / Charlotte Perry

Proliférant sur les côtes bretonnes depuis la fin des années 70, les algues vertes sont la conséquence directe de l'agriculture intensive, de l'épandage du lisier et de l'utilisation massive d'engrais chimiques. Le surplus de nitrate que les sols ne peuvent absorber s'écoule dans les rivières, qui l'achemine jusqu'à la mer, alimentant les algues vertes que la marée ramène ensuite sur le littoral. En se putréfiant, les algues se mélangent au sable et à la vase et forment des poches de gaz, l'hydrogène de sulfure (H2S), hautement toxique. En marchant, ou en fouissant, les poches peuvent se percer, libérant le gaz. A forte concentration, l'inhalation d'hydrogène de sulfure tue en quelques minutes. 

Estuaire du Gouessant
Estuaire du Gouessant © Radio France / Charlotte Perry

Un scandale environnemental et sanitaire qui commence à faire de plus en plus de bruit à mesure que les morts suspectes se multiplient.

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