Mercredi 8 janvier, Sibyle Veil, la présidente de Radio France, a convié les salariés pour leur présenter ses Vœux. Mais la cérémonie a été interrompue par le Chœur de Radio France qui a entonné le Va Pensiero du Nabucco de Verdi pour contester le plan qui prévoit la suppression d'un tiers de ses effectifs.

Choeur de Radio France en habits sur la scène de l'auditorium de la Maison de la radio. Auditorium de la Maison de la radio (2015)
Choeur de Radio France en habits sur la scène de l'auditorium de la Maison de la radio. Auditorium de la Maison de la radio (2015) © Radio France / Christophe Abramowitz

Depuis le 25 novembre, Blandine, chanteuse lyrique soprano et représentante artistique permanente du Chœur de Radio France est en grève. Comme nombre de salariés du groupe qui contestent le plan stratégique de Sibyle Veil prévoyant la suppression de 299 postes à Radio France, dont trente au Chœur, dans le but de réaliser 60 millions d'économies sur trois ans.

Déjà touché de plein fouet par le plan de 2015, le Chœur de Radio France est passé de 114 à 90 membres aujourd'hui. Ils ne seraient plus que 60 en 2020, si ce nouveau plan de restructuration était mis en oeuvre.

Blandine, soprano au Choeur de Radio France depuis 2008, au studio 104 de la maison de la radio
Blandine, soprano au Choeur de Radio France depuis 2008, au studio 104 de la maison de la radio © Radio France / Charlotte Perry

Crée en 1947, le Chœur de Radio France est le seul Chœur professionnel permanent à vocation symphonique de France. Son répertoire est extrêmement large, allant de la musique baroque à la création contemporaine. C'est grâce à son grand effectif, composé de personnes de tout âge et de tout horizon, qu'il peut interpréter de nombreuses pages musicales prévues pour de grands groupes: les symphonies de Malher ou de Beethoven, le Requiem de Verdi, le Te Deum ou la Damnation de Faust de Berlioz, ou encore les Carmina Burana de Carl Orff, par exemple.

C'est pour cela que l'on est en grève, pour défendre le patrimoine et le service public. Si un jour cela venait à disparaître, cela serait une très très grande perte pour la culture, le fait que cette musique là ne soit plus représentée.

Depuis le 25 novembre, le Choeur de Radio France est en grève
Depuis le 25 novembre, le Choeur de Radio France est en grève © Radio France / Charlotte Perry

C'est donc pour marquer leur refus de ce plan stratégique et faire connaître le danger qu'il fait courir à la culture, que le 8 janvier dernier le Chœur a interrompu le discours de la présidente de Radio France en entonnant le Va Pensiero (Le Chœur des Esclaves), extrait du Nabucco de Verdi. Un hymne à la liberté symbolisant leur refus de perdre leur patrie qu'est la culture.

Il y a des musiques comme ça qui deviennent des symboles. Les gens s'en emparent. Nous, ce moment des Vœux, on l'a vécu comme le moment où l'on témoignait de notre refus de voir ce plan mis en oeuvre. Un plan qui casserait les outils et notre mission.

On va disparaître à terme, puisque l'on ne pourra plus faire ce pourquoi on est là. C'est la mort programmée du Chœur et la mort programmée d'un certain répertoire, au delà de nous, Chœur de Radio France. J'en pleure chez moi le soir.

Programmation musicale:

  • Extraits des Carmina Burana de Carl Orff, par le Choeur de Radio France (2018)
  • Le Choeur des Esclaves, extrait du Nabucco de Verdi, par le Choeur de Radio France (le 8 janvier 2020)
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