Marie-Basile est auxiliaire de vie. Auparavant, au Cameroun, elle était fonctionnaire de police. Mais les violences conjugales exercées par son ex-mari ont failli la pousser au pire. Alors, elle est partie en France. Aujourd'hui, elle se bat pour la reconnaissance de son métier, essentiel et pourtant si mal payé.

Marie-Basile et sa fille Anaïs. Stains (2020)
Marie-Basile et sa fille Anaïs. Stains (2020) © Vincent Jarousseau

Depuis sept ans, Marie-Basile travaille pour la société LogiVitae, une structure d'aide à domicile à vocation sociale qui emploi 160 salariés, pour la plupart des femmes, qui interviennent au domicile des personnes dépendantes, âgées ou non. Marie-Basile est déléguée du personnel, très investie dans la reconnaissance de son métier et la revalorisation des salaires. La crise du coronavirus a mis en lumière ces femmes, qui ont continué de travailler auprès des plus fragiles pendant tout le confinement, mais qui ont pourtant été des héroïnes oubliées. Pour obtenir la "prime Covid", au même titre que les autres salariés mobilisés pendant la crise sanitaire, Marie-Basile et ses collègues ont dû monter au front. Par la suite, Marie-Basile a été auditionnée par les députés dans le cadre du projet de loi relatif aux "métiers du lien", dont un volet est consacré aux auxiliaires de vie.

Nous avons été les oubliées, on ne savait même pas qu'on existait. Et pourtant nous redonnons le goût de vivre aux gens, l'espoir. C'est vraiment un travail très bien. Moi j'adore. Notre seul problème, c'est les salaires, nous sommes vraiment très mal payées.

Marie-Basile est l'auxiliaire de vie de Florenza. A 90 ans, cette dame est atteinte de lourds problèmes cognitifs. La présence quotidienne de Marie-Basile lui est indispensable.
Marie-Basile est l'auxiliaire de vie de Florenza. A 90 ans, cette dame est atteinte de lourds problèmes cognitifs. La présence quotidienne de Marie-Basile lui est indispensable. / Vincent Jarousseau

En moyenne, les auxiliaires de vie sont rémunérées entre 800 et 900 euros par mois, pour des journées allant de 8h à 20h. Une amplitude de travail très grande, pour des revenus en dessous du SMIC, qui s'explique par le fait que les heures de déplacements d'un domicile à l'autre et les heures "creuses", entre deux interventions, ne sont pas rémunérées. Marie-Basile, elle, gagne entre 700 et 800 euros par mois, car elle doit aussi s'occuper de sa fille Anaïs (7 ans), et ne peut donc travailler ni le soir, ni les week-end. Suite à un accident du travail (plus élevé dans cette profession que dans les métiers du bâtiment), son poste a été aménagé pour lui permettre de travailler à temps partiel. Pourtant, tous les matins, elle se lève à 5h30. Elle quitte Stains (93), où elle réside chez sa sœur, à 7h30 pour être à Paris à 9h. Avec son salaire, Marie-Basile doit subvenir aux besoins de sa fille et de ses cinq autres enfants, restés au pays. 

Marie-Basile fait tous les jours entre 2h et 3h de trajet pour aller de son domicile à Stains (93) jusqu'à Paris, où elle travaille. Pendant ses heures creuses, elle prend parfois le bus pour se promener et passer le temps.
Marie-Basile fait tous les jours entre 2h et 3h de trajet pour aller de son domicile à Stains (93) jusqu'à Paris, où elle travaille. Pendant ses heures creuses, elle prend parfois le bus pour se promener et passer le temps. / Vincent Jarousseau

Exercé à 97% par des femmes (ce qui explique aussi la faiblesse des rémunérations), et à 12% par des femmes issues de l'immigration, le métier d'aide à domicile est indispensable dans une société où de plus en plus de personnes souhaitent finir leurs jours chez elles. Marie-Basile en est persuadée, si les salaires des auxiliaires de vie étaient revalorisés, "les femmes courraient derrière ce travail". D'autant que c'est un métier d'avenir: avec le papy boom qui se profile, deux millions d'emplois pourraient être crées d'ici 2040.

A lire, à voir, pour aller plus loin:

A écouter:

Marie-Basile, auxiliaire de vie. Episode 2: prendre soin.

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