André est parti à deux reprises en Syrie entre 2015 et 2017. Engagé dans la lutte armée auprès des Kurdes pour combattre Daech, il dénonce aujourd'hui l’inaction du gouvernement français suite à l’invasion turque et la complicité passive de la communauté internationale dans le "génocide" en cours.

André Hebert, Paris, octobre 2019
André Hebert, Paris, octobre 2019 © Radio France / Charlotte Perry

André Hebert avait 24 ans quand il a décidé de tout quitter en France pour s’engager dans la lutte armée et défendre la révolution en cours au Rojava - le Kurdistan Syrien situé au Nord-Est de la Syrie -, un territoire devenu autonome dans le contexte du chaos de la guerre. Une révolution basée sur les principes de la démocratie directe, du partage des richesses, du féminisme radical et de l’écologie, qui représente pour beaucoup de jeunes Occidentaux une alternative crédible au modèle capitaliste.

Pendant deux ans, il a combattu l'Etat Islamique d’abord au sein des brigades internationales puis au sein du YPG (Unités de Protection du Peuple), la branche armée du Parti de l'union démocratique syrien, et a participé à la prise de Raqqa.

André Hébert (à droite, avec le lance-roquette), à Raqqa, octobre 2017
André Hébert (à droite, avec le lance-roquette), à Raqqa, octobre 2017 © Radio France / Charlotte Perry

Aujourd’hui membre d’un collectif composé d’une vingtaine d’anciens engagés - le Collectif des Combattantes et Combattants Francophones du Rojava - il dénonce les « gesticulations diplomatiques de la France » qui ne fait rien pour stopper l'offensive turque et empêcher le projet de « génocide » du peuple Kurde par le Président Erdoğan. Cet abandon des Kurdes est non seulement une véritable trahison de ceux qui étaient en première ligne pour combattre Daech, mais il met également en péril notre propre sécurité.

L'Etat nous joue la comédie de la fatalité et l'impuissance depuis le début de ce conflit, à dire qu'ils ne pouvaient rien y faire, qu'ils ont été pris de cours. Emmanuel Macron se répand en gesticulations diplomatiques depuis deux semaines.

Depuis son retour de Syrie en 2017, André a repris le cours de sa vie normale et travaille. Mais les récents événements lui ont rappelé qu'il était impossible de complètement tourner la page. Et la question se pose de retourner au Rojava pour se battre auprès de ses camarades, contre les Turcs, cette fois.

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