Christophe et Sabine habitent un hameau surplombant le village de La Salvetat-sur-Agoût (34). Ils vivaient paisiblement au milieu du parc naturel du Haut Languedoc, jusqu'à ce que les membres de la secte identitaire "Les Brigandes" deviennent leurs voisins, au printemps 2015. Leur vie est alors devenue un enfer.

Au lieu-dit Le Gazel, sur les hauteurs de La Salvetat, Christophe et Sabine sont les seuls voisins des "Brigandes", un groupe de rock identitaire aux allures sectaires, dirigé par le gourou Joel Labruyère.
Au lieu-dit Le Gazel, sur les hauteurs de La Salvetat, Christophe et Sabine sont les seuls voisins des "Brigandes", un groupe de rock identitaire aux allures sectaires, dirigé par le gourou Joel Labruyère. © Radio France / Charlotte Perry

La Salvetat-sur-Agoût est bien connue pour son eau qui pétille et qui met "le Sud en bouteille". Mais depuis le printemps 2015 et l'installation des Brigandes, un groupe de rock identitaire composé de sept femmes qui chantent masquées des textes ouvertement xénophobes très appréciés de la fachosphère, le village a perdu ses allures de tranquillité et se divise farouchement entre ceux qui trouvent "qu'elles ne font rien de mal" et ceux qui s'opposent à leur présence . 

Le village de La Salvetat sur Agoût, dans l'Hérault. Un village fortifié de 1200 habitants, devenu le fief de la secte identitaire "Les Brigandes" depuis le printemps 2015.
Le village de La Salvetat sur Agoût, dans l'Hérault. Un village fortifié de 1200 habitants, devenu le fief de la secte identitaire "Les Brigandes" depuis le printemps 2015. © Radio France / Charlotte Perry

Car dans ce petit village de 1200 habitants, où l'on vote à plus de 45% pour le Front National, Les Brigandes et leurs idées inspirées des thèses du Grand Remplacement de Renaud Camus sont plutôt appréciées. D'autant qu'elles ont su redonner vie au village en animant des thés dansants et des réveillons avec les "Ultra-Sixties", un groupe de rock plus conventionnel qui reprend des tubes des années soixante. Mais nul ne peut ignorer qui se cache derrière ces groupes, tous deux produits par Barak production et dirigés par un gourou bien connu des services de l'Etat et de la Miviludes (Mission Interministerielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), Joel Labruyère.

Les chanteuses du groupe Les Brigandes avec Jean-Marie Lepen, pour son 90ème anniversaire. Extrait du clip "Mr Le Pen"
Les chanteuses du groupe Les Brigandes avec Jean-Marie Lepen, pour son 90ème anniversaire. Extrait du clip "Mr Le Pen" / Les Brigandes

Sous le coup d'une enquête judiciaire ouverte en septembre en Belgique pour assassinat, suite à la mort suspecte de l'une de ses adeptes, Joel Labruyère et sa communauté - appelée La Nation Libre, puis le Royaume Elfique, puis Le Clan des Brigandes, et enfin, depuis 2019, La Rose et l'Epée afin de distinguer la communauté du groupe musical - sont surveillés de près. Et à la Salvetat, le Clan des Brigandes, composé d'une trentaine de membres vivant et élevant leurs enfants en commun, ne cache pas se préparer "en cas d'attaques" . Une secte à laquelle il ne vaut mieux pas s'opposer, sous peine de représailles, dont les rares opposants font les frais. 

Comme Christophe et Sabine, leurs voisins, et Thierry Canals, habitant de la Salvetat et auteur du blog "Le Pananche Salvetois", qui a reçu des lettres de menaces du Clan. 

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