Frédéric Tonolli, co-auteur et réalisateur deBerlin, mon amour

un doc inédit, diffusé dans La Case du siècle , ce soir dimanche 6 octobre à 22h00sur France 5

et à revoir sur francetv pluzz

Documentaire Durée 52’ Auteurs Arnaud Hamelin et Frédéric Tonolli Réalisation Frédéric Tonolli Production Sunset Pressehttp://www.sunsetpresse.fr/ avec la participation de France Télévisions Année 2013

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Berlin mon amour © Radio France / © Sunset Presse
En pleine guerre froide, Christa et Joachim s’aiment. Mais elle vit à l’est de Berlin, lui à l’ouest. Il refuse la fatalité et, avec d’autres, décide de creuser un tunnel sous le mur… L’histoire vraie des « amants du tunnel » est relatée dans ce documentaire par Joachim lui-même et les témoins de l’époque. L’histoire d’amour entre les deux Berlinois commence avant 1961, lors d’un week-end à la campagne entre jeunes gens. Joachim est séduit par une collègue de sa sœur. L’attirance est réciproque, mais Christa est déjà mariée ! Ils commencent pourtant à se fréquenter. « Tous les deux, on pensait que c’était un amour sans avenir ! » L’Histoire va en décider autrement. Dans la nuit du 13 août 1961, la nouvelle de l’édification d’un mur de béton et de ferraille de 160 kilomètres traversant la ville se répand comme une traînée de poudre. Joachim et ses amis la mettent sur le compte de la propagande. Malheureusement, la tragédie est déjà bien réelle pour les familles séparées du jour au lendemain par le Mur de la honte. « J’estime que la ­sécurisation de la frontière était absolument nécessaire et évidente, se remémore Gunter Ganssange, ancien colonel garde-frontière. C’est pour ça que j’y ai participé avec toute ma conviction. » Le gouvernement de la RDA a choisi d’endiguer radicalement l’exode politique et économique de sa population vers l’ouest. Le 15 août, le jeune soldat Conrad Schumann est le premier Allemand de l’Est à fuir à l’Ouest en sautant par-dessus les barbelés. Des dizaines d’autres suivront, tentant leur chance, mais souvent victimes des balles des gardes-frontières. Grâce à l’aide de ses amis, Joachim se procure un passeport suisse, se fait teindre les cheveux en blond et réussit son passage à l’Ouest. Mais Christa est restée en RDA. Au bout du tunnel
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berlin mon amour 2 © Radio France / © Sunset Presse
En mai 1962 parvient au jeune homme, étudiant ingénieur, une lettre de celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer où elle lui dit vouloir le retrouver. « Alors, j’ai très violemment ressenti que la distance qui nous séparait n’était que de quelques kilomètres à pied ! S’il n’y avait pas eu le mur, on aurait pu se rejoindre en quelques minutes… » Désormais, Joachim n’aura de cesse de faire sortir sa bien-aimée. Ulrich, un ami de Joachim, qui a quitté l’Est par les égouts, raconte : « Notre haine grandissait et nous voulions absolument entreprendre quelque chose. Alors nous avons trouvé la solution : creuser des tunnels. » Un petit groupe d’étudiants dont fait partie Joachim s’attelle à la tâche et, pendant des mois, creuse un boyau passant sous le mur et ressortant côté est dans la Bernauer Strasse. Quelques semaines avant son achèvement, une inondation les oblige à avancer la date des évasions. Entre le 14 et le 15 septembre 1962, vingt-neuf personnes réussissent à fuir par ce qui deviendra le « Tunnel 29 ». Mais Christa n’a pu les rejoindre à temps. De ce côté du mur, la surveillance est désormais renforcée. Joachim et ses amis se sont lancés dans la construction d’une deuxième galerie. Mais, le jour où Christa s’apprête à l’emprunter, la Stasi, prévenue par un indicateur, arrête la jeune femme, qui est condamnée à vingt et un mois de prison pour tentative de fuite. Joachim est désespéré, mais n’abandonne pas pour autant. Avec une cinquantaine d’étudiants, il entreprend de creuser un nouveau tunnel de 140 mètres, qui débouche dans la cave d’une boulangerie au 55 Strelitzer Strasse. Ce sera le plus long de l’histoire du mur, qui permettra l’évasion de cinquante-sept personnes. Le 4 octobre 1964, alertée à la dernière minute, Christa, une paire d’escarpins rouges aux pieds, s’y engouffre et rampe pendant quinze minutes. A la sortie, Joachim l’attend : « Décrire les émotions qui vous traversent à ce moment-là est presque impossible », confie-t-il. Ses premières paroles résonnent encore dans sa tête : « Figure-toi, je n’ai même pas déchiré mes collants ! »Anne-Laure Fournier pour le Mag France 5 et vous/ les programmes

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