Richard Morgiève devant sa toile
Richard Morgiève devant sa toile © Radio France / R. Manzoni

Il y a des gens avec qui vous sentez tout de suite que la conversation est pleine de promesses, qu’elle vous mettra à l’abri de phrases comme « La pluie ça mouille » ou « La paix dans le monde, c’est mieux ».

Richard Morgiève est un gars qui réussit à surprendre même si la question qu’on lui pose n’est pas au niveau. Richard Morgiève est écrivain. Et tandis que nous causions littérature, il m’a lâché : « C’est chiant de lire un livre ». C’est alors que l’intervieweuse sait faire preuve d’exclamations fulgurantes du type : « Ah bon !? ».

Le bonhomme est à l’image de ses livres. Surprenant, jamais là où on l’attend. Dans le portrait que son éditeur dresse de lui, il est écrit que Morgiève pratique, je cite, « le hors piste littéraire ». Il est aussi précisé qu’il était plutôt mal parti dans la vie, qu’il travaille beaucoup et qu’il court une heure et demie par jour. Pour se détendre.

Richard Morgiève vient de publier United Colors of Crime aux éditions Carnets Nord. C’est l’errance d’un Polonais devenu gangster aux Etats – Unis. Un Polonais qui va croiser une indienne avec un œil de verre.

Cette interview a commencé autour d’une table de salle à manger en buvant du vin. Et si certains disent « jamais pendant le service ». Richard Morgiève a une autre version des choses…

R. Manzoni

Parler de soi, c'est inventer sa langue. R Morgiève

Le dernier roman de l'auteur est édité par les Editions du Montparnasse, collection "Carnet Nord"

United colors of ccrime

united colors of crime
united colors of crime © Radio France

26 août 1951, quelque part au Texas. Chaim Chlebeck est laissé pour mort dans la poussière rouge du désert, et retrouvé par un drôle decouple : Dallas, une Indienne borgne et sauvage, mais sacrément attirante, et un certain Dirk, scientifique allemand venu se perdre dans l’immensité nord-américaine pour fuir les ambitions nucléaires de son gouvernement.

United Colors of Crime peut être lu tout autant comme un roman d’aventure que comme une extravagante histoire d’amour, dans un décor dewestern peuplé d’Indiens plutôt violents, de shérifs plutôt coulants, et d’une bande de mafieux prêts à traverser le pays pour retrouver leur poulain fugueur, Chaim.

  • A découvrir, si affinité ...

Ma vie folle , Editions Pauvert 2000, (puis Pocket)

Ma vie folle, Richard Morgiève
Ma vie folle, Richard Morgiève © Radio France

Sa vie folle. La sienne. Celle que l'on ne peut décrire sans la trahir. Cette vie passée à écrire depuis la mort de sa mère. Il est né ce jour-là. Depuis, l'écriture c'est sa vie. Son cancer à lui. Et sa manière de ne pas finir comme son père, ce salaud. Il a tout donné à l'écriture. Elle lui a tout pris. D'abord ses femmes. L'une après l'autre. Quelquefois même quand il en avait plusieurs. L'écriture est une maîtresse jalouse et une épouse fidèle. Bientôt la cinquantaine et elle est toujours là, à veiller sur ses angoisses. Pas moyen d'échapper aux mots et à ce qui en eux, en creux, se cache. L'amour, la haine, la mort. Et tous les fantômes qui l'assaillent au détour d'une phrase : sa mère, son père, Ming et les autres. Ils n'ont pas disparu. Ils sont tous là, en elle, en lui. "C'est d'abord une respiration, une palpitation, comme d'un cœur écorché, qui attire dans `Ma vie folle'."Eric Loret - "Libération"

Mon petit garçon, 2002, Editions Losfeld

Mon petit garçon, Morgiève
Mon petit garçon, Morgiève © Radio France
"Superbe blues du père célibataire, Mon petit garçon de Richard Morgiève est un livre lumineux en monochrome noir. Soixante pages d'une intense et claire vibration."

Xavier Person (Le matricule des anges)

Au cours de l'émission, vous avez aussi pu entendre:

  • La voix du cinéaste Jean-Pierre Melville (archive INA),

  • un extrait de son film "L'armée des ombres" (1969)(bande annonce ci-dessous)

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